D E L’A S T R O N O M I E.
797
côté diverses observations. Le docteur Olbers, à Bremen , l’observa aussi dès ■qu’il en eut avis par le Journal de Paris.
Mais avant cette comète réelle, Paris retentit du bruit d’une comète pré-tendue. Le i 6 janvier [27 nivôse], on criait sur le Pont-neuf la nouvellecomète, et beaucoup de gens en étaient effrayés. Cependant il ne s’agissaitque de Vénus, qui fut vue en plein jour sur le Luxembourg , le jour où vingtmille personnes, attendant le général Bonaparte , avaient les yeux dirigés dece côté. On la verrait ainsi tous les dix-neuf mois si l’on y faisait attention;mais il se trouve rarement des personnes qui aient le temps ou l’occasion d’yprendre garde. Cette fois la terreur fut singulière; on ne parlait que de comètesdans les spectacles et dans les sociétés. On jouait la Comité ou la Fin dumonde au Vaudeville. Ruggiéri fit une comète en artifice au Lycée , et elleressemblait à la belle comète de x 744 » que je me rappelle d’avoir vue dansmon enfance, et qui a été la plus étonnante depuis celle de 1681.
Le 16 frimaire an VII au soir, le C. cn Bouvard a découvert une petitecomète dans la constellation d’Hercule : c’est la quatre-vingt-neuvième; ellea été observée jusqu’au 21 , qu’elle a disparu dans le Verseau ; elle faisait 18 0par jour. Ainsi, quoiqu’elle n’ait paru que cinq jours, M. Burckhardt a très-bien calculé son orbite. Le docteur Olbers la vit à Bremen .
Le 21 novembre [ 1frimaire] , on jouait au théâtre de la rue FeydeauV Astronome, opéra comique, par Desfaucherets et Lebrun. Le fond est le mêmeque celui de l’éclipse totale, dont les Mémoires turcs paraissent avoir donné lapremière idée. C’est un vieux fou qu’on trompe pendant qu’il prétend observerune comète.
Un voyage important et célèbre a donné à l’astronomie et à la géogra-phie de nouvelles espérances. Le 16 mars [26 ventôse], le Gouvernementdemanda des astronomes et des instrumens choisis pour un voyage : nousapprîmes bientôt que Bonaparte en était le chef. Les C. cns Nouet, Quenotet Méchain fils, partirent le 24 avril; ils s’embarquèrent à Toulon le 10 mai;le débarquement se fit en Égypte le 2 juillet, et ce voyage a été utile à lagéographie et même à l’astronomie.
J’ai écrit, au nom du bureau des longitudes, à tous les astronomes del’Europe , pour les inviter à coopérer par des observations correspondantes àcelles des astronomes de cette expédition, et nous en avons reçu.
Le jeune Bernier, de Montauban , qui s’occupe d’astronomie avec succès,desirait d’être du voyage : nous nous y prîmes trop tard. J’ai recommandé à nosastronomes le niveau de la Méditerranée et de la mer Rouge , entre lesquelleson a dit souvent qu’il y avait une grande différence : je ne le crois pas. J’aiécrit en Espagne pour avoir celui de la mer du Sud et du golfe du Mexiqueà l’isthme de Panama , sur lequel on a élevé de même quelques difficultés.
L’observatoire de Gotha est le plus beau et le plus utile qu’il y ait enAllemagne ; M. le duc y a dépensé plus de 200000 francs : aucun prince, dansce siècle , n’a donné ni suivi cet exemple. Le directeur de l’observatoire,M. le baron de Zach, est un des plus célèbres astronomes de l’Europe . Je
1 79
8 .