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qui apprécie leurs ressources, a jugé qu’il n’y avait pas lieu des’écarter des dispositions usuelles.
“ S. M. aurait même différé de les employer, si un événe-ment inattendu ne lui avait fait penser que tout en profitant del’utile coopération de nos alliés, c’est surtout le développementde nos propres forces qui doit accélérer le moment d’une paishonorable, telle qu’un cœur français peut la désirer, et telleque S. M. n’a ceseé de la présenter à ses ennemis.
“ C’est dans cet esprit, Messieurs, qu’a été rédigé le projetsoumis à votre délibération.
“ MM. les orateurs du conseil d’état vous en exposeront lesmotifs et les avantages, après que M. le ministre des relationsextérieures vous aura fait lecture d’un rapport et de certainespièces dont S. M. a commandé qu’il vous fût donné commu-nication.”
S. Exc. M. le duc de Bassano, ministre des relations exté-rieures, a donné communication du rapport suivant.
Rapport du ministre des relations extérieures à S. M. l’empereur
Lorsque la Russie , violant ses traités et renonçant à sonalliance avep la France pour s’unir au système de l’Angleterre,déclara la guerre à V. M., vous appréciâtes, sire, toute l’im-portance de la lutte qui allait s’engager. Vous ordonnâtes laformation, sous le titre de cohortes de la garde nationale, decent bataillons composés d’hommes âgés de 20 à 26 ans, qui,appartenant aux six dernières classes de la conscription, n’a-vaient point été appelés à l’armée active. Cette institution aeu tout Je succès que V. M. pouvait en attendre. Une belli-queuse jeunesse préparée au métier de la guerre dans des cadresde vieux soldats, demande avec empressement à partager lagloire de ses frères d’armes.
Lorsque de Smolensk , V. M. fit marcher vers Moscou sesarmées victorieuses, elle ne se dissimula point que ses progrèsdans le pays ennemi, ajoutaient de nouvelles chances auxchances communes de la guerre. Elle voulut fortifier eucorela hase de ses opérations, et elle ordonna la levée de la con-scription de 18J3, qui est aujourd’hui toute entière sous lesarmes.
Avec les garnisons des places de France et d’Italie , V. M. adonc dans l’intérieur de ses états une force de plus de 300,000hommes suffisante pour entretenir la guerre avec la Russie pen-dant-la prochaine campagne. Et votre intention était, sire, dene demander aucun secours extraordinaire, si tous nos alliés, etspécialement l’Autriche , le Danemarek et la Prusse restaientfidèles à lq cause commune.
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