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envers la France des dispositions amies. C’est par ses agcnsque l’Angleterre préparait en Russie l’influence du parti ennemide la France , et par lui les hésitations, les variations, les réso-lutions hostiles des cabinets, et enfin cette dernière guerre, quia coûté à la Russie la dévastation de ses plus belles provinces,le repos à l’Europe , des regrets à l’humanité.
“ L’Angleterre a employé, sans doute, pour préparer l’éterneldéshonneur du général Ÿorck, les mêmes moyens, les mêmesassociations par lesquels elle amena en 1809 des corps réglés, àse mettre en rébellion, et, chose inouïe, à faire la guerre pourleur compte, malgré l’intention, contre les ordres mêmes deleur souverain.
“ Ainsi l’Angleterre désunit et divise les pays qu’elle ne peutdominer ; elle prépare la ruine des états qu’elle ne peut sou-mettre à son système.
Eu effet, quel moyen de destruction plus inévitable pour letrône même le mieux affermi, que la désertion d’une année, sonopposition aux intérêts de son pays, sa désobéissance aux ordresde son monarque, si tous les souverains intéressés à la repres-sion d’uir tel crime, n’unissaient leur voix pour la provoquer,leurs efforts pour en assurer le châtiment, leur pouvoir pour enempêcher le retour.
“ Heureusement, Messieurs, les tentatives de nos ennemispour étendre jusqu’à la France leur fatale influence, leurs fu-nestes succès, sont impuissans.
‘‘ Notre vaste territoire, notre, immense population, n’éprou-vent que les sacrifices inséparables de l’état de guerre, maissont loin de redouter les malheurs des pays qui en sont lethéâtre.
“ Au-dedans, la tranquillité règne; l’industrie, les arts, lestravaux publics suivent leur cours.
“ Au-dehors, l’Autriche et nos autres alliés se montrent affec-tionnés et fidèles.
f ‘ Nos forces, nos moyens, nos ressources militaires sontimmenses.
“ Toutefois au moment où vient d’éclater la première érup-tion de ces volcans destructeurs allumées par l’Angleterre sousles trônes qui veulent rester indépendans de sa politique ; il estnécessaire de réunir des ressources proportionnées, supérieure»même aux dangers que la prudence envisage.
" Ce qui suffisait hier à la sécurité du gouvernement, setrouve aujourd’hui au-dessous de sa prévoyance. De nouveauxévénemens ont créé de nouveaux besoins : des conjoncturesimprévues commandent des sacrifices inattendus.
M Un sentiment universel de fidélité et de dévouement s’unirachez le peuple français au sentiment de son intérêt et de sagloire, pour diriger sa conduite et déterminer ses résolutions.
“ S. M. vous propose de mettre à la disposition de son mi-