637
pour se réunir aux débris du général Blucher. Le duc de Ragusetomberait sur son flanc gauche, s’il s’engageait de nouveau.
Soissons est une place à l’abri d’un coup de main. Le géné-ral Witzingerode, à la tète de 4 à 5 mille hommes de troupeslégères, la somma de se rendre. Le général Rusca réponditcomme il le devait. Witzingerode mit ses douze pièces de ca-non en batterie : malheureusement le premier coup tua le géné-ral Rusca. Mille hommes de garde nationale étaient la seulegarnison qu’il y eût dans la place; ils s’épouvantèrent, et l’en-nemi entra à Soissons , où il commit toutes les horreurs imagina-bles. Les généraux qui se trouvaient dans la place, et qui de-vaient prendre le commandement à la mort du général Rusca,seront traduits à un conseil d'enquête ; car cette ville ne devaitpas être prise.
Le duc de Trévise a réoccupé Soissons le 19 et en a réorga-nisé la défense.
Le général Vincent écrit de Château-Thierry que 250 cou-reurs ennemis étant revenus à Fère en Tardenois, M. d’Arbaud-Missun s’est porté contre eux avec 60 chevaux du 3e régimeutdes gardes d’honneur qu’il a réunis, et avec le secours des gardesnationaux des villages, il a battu ces coureurs, eu a tué plusieurset a chassé le reste.
Le général Milhaud a rencontré l’ennemi à Saint-Martin-le-Bosnay, sur la vieille route de Nogent à Troyes . L’ennemiavait 800 chevaux environ. Il l’a tait attaquer par 300 hommesqui l’ont culbuté, lui ont fait 160 prisonniers, tué une vingtained’hommes et pris une centaine de chevaux. Il a poursuivi l’en-nemi et le poursuit encore l’épée dans les reins
Le duc de Castiglione part de Lyon avec un corps d’arméeconsidérable, composé de troupes d’élite, pour se porter euFranche-Comté et en Suisse .
Le congrès de Châtillon continue toujours; mais l’ennemi yporte toute espèce d’entraves. Les Cosaques arrêtent à chaquepas les courriers, et leur font faire des détours tels, que, quoi-qu’on ne soit qu’à 30 lieues de Châtillon en ligne droite, lescourriers n’arrivent qu’après quatre à cinq jours de course. C’estla première fois qu’on viole ainsi le droit des gens. Chez lesnations les moins civilisées, les courriers des ambassadeurs sontrespectes, et aucun empêchement n’est mis aux communicationsdes négociateurs avec leur gouvernement.
Les habitans de Paris devaient s’attendre aux plus grands mal-heurs, si l’ennemi, parvenant à leurs portes, ils lui eussent livréleur ville sans défense. Le pillage, la dévastation et l’incendieauraient fini les destinées de cette belle capitale.
Le froid est extrêmement vif. Cette circonstance a été favo-rable à nos ennemis, puisqu’elle leur a permis d’évacuer leurartillerie et leurs bagages par tous les chemins. Sans cela, plusde la moitié de leurs voitures seraient tombées en notre pouvoir.