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Tome second.
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LIS GENDARME.

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•lonimc quis’cst pendu. C’esi lui qui forcera celle porte barricadée d’où parlent ces,; °ups de feu ; on s’égorge entre ces murailles, il y a péril de la vie, ils sont dix , ilssont vingt, n’importe, il entre, il est entré! — Un bruit sinistre circule, l’effroi se■épand, la consternation est partout, la foule s'écarte, et c’est le gendarme qui s’a-vance dans cette chambre où une mère vient d’égorger son enfant! c’est lui qui sel 'sque résolument dans ce bouge où s’agite tin fou furieux, un forcené qu’on n’ose ap-procher, qu’on n’ose lier et qui va tuer le premier venu. C’est toujours lui qui se dé-votie, et toujours froidement, humblement, modérément, la prière et la paix a labouche plutôt que la menace, sans songer a se défendre, bien moins à attaquer, dé-n déà tout hors à se servir de scs armes, ne le pouvant d'ailleurs qu’à toute extrémité,s ù est blessé déjà, et hors d’état peut-être do s’en servir. Mais que dis-je ? comme ilpoursuit tous les crimes, il secourt toutes les misères. On le trouve partout au de-vant du génie du mal. C’est lui qui relève sur le chemin le piéton épuisé, c’est lui( iui encourage le bûcheron ployé sous le faix, c’est lui qui ranime ce vieillard ex-pirant sous la neige ; il trouve pour celui-ci un asile , pour celui-là un conseil, pour'ous une bonne parole dans son cœur, un peu d’eau-de-vie dans sa gourde, quoiquechose pour l’âme , quelque chose pour le corps; c'est lui, juste Dieu , qui découvre'lans le fossé ce nouveau-né qui grelotte et vagit ! C’est lui, c’est le gendarme, quiPrend dans ses bras meurtris cet innocent qui n’a point de mère, c’est lui qui le couvrede son manteau, qui le réchauffe contre sa poitrine, et ce n’est que des mains dece vieux militaire , qu’il passe dans le sein des sœurs de charité.

Et quelles déshonorantes commissions ne lui donne-t-on pas! Il escorte le forçatdans sa chaîne, il coudoie l’insigne fripon dans une voiture , il prête son bras surles routes à la fille de joie, la honte du pays. Cet honnête homme passe la moitiéde sa vie avec des voleurs. 11 chemine pas à pas avec cette voilure grillée d’oùPartent des chants obscènes; il y a des prisonniers dedans, il est prisonnier dehors.U traîne ces bandits à la queue de son cheval, comme ils vont traîner le bouletau pied. Ces misérables s’entretiennent librement devant lui, il les entend contreson gré; s’ils lui parlent, il leur répond, il s’arrête s’ils sont faligués, il sourits 'ls plaisantent; il écoute leur argot, leurs refrains, leurs récits de vols et defuite, il est sans colère et sans orgueil, il n’approuve pas comme aussi il ne lesa ccable pas de ses mépris, lui qui en aurait le droit, lui le champion de la justice,I e vengeur de la bonne foi et des bonnes mœurs outragées. Car remarquez-le bien ,d ne s’est pas corrompu en pareilles compagnies, de pareils discours ne l’ontP<is troublé un moment. Sa conscience est impénétrable comme sa poitrine bar-dée de cuir. Ces spectacles et ces propos glissent sur son cœur comme celte pluiedorage sur le fourreau de son sabre. 11 connaît toutes les chances du crime, il11 ignore ni ses ressources ni ses bénéfices ; il sait comment on est aisément riche ,comment, avec un peu d’audace , des scélérats vivent dans les délices de l’oisivetéet de la débauche; il les a entendus conter leurs prouesses, il leur a vu vider desPoches pleines d’or. Ceci ne l’a jamais ému , il ne songe pas à ses travaux incompa-ra bles, il ne songe pas à sa paie quotidienne de (rente nous! il demeure inébranlablect indifférent. Bien plus, il n’a qu’à vouloir, il n’a qu’un mot à dire, qu’une