L’INSTIÏ UTItlCE.
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e "e passe d’année en année. Elle suit son petit bon homme de sillon sans broncherau * écueils. Elle a une sorte de droiture de cœur qui n’est pas exempte de tinesse•nais où la probité domine; un peu par calcul peut-être, car l’institutrice de vocation,a yant embrassé l’enseignement comme un état, se conduit avec régularité pour nel'as manquer de place.
L’institutrice de vocation a des mœurs ; elle ne se compromet jamais avec les filsde la maison , les frères ou les cousins de son élève ; mais elle accepte de préférence'es bonnes grâces des vieux oncles célibataires. Alors elle rêve modestement un ma-" a go raisonnable; mais elle le rêve honnêtement, sans intrigues préalablementc '°Upables.
L’institutrice de vocation est en général petite, d’un demi-embonpoint, d’unel'gure sans distinction, fraîche et avenante. Elle a dans sa mise plus de propreté'l'ie d’élégance; elle affectionne la couleur marron pour l’hiver, le rose pourI al é ; elle n’achète jamais plus de deux robes et de deux chapeaux par an ; elle a unes Pi'it parfait d’économie, même un peu d’avarice, passion innée qui grandit a mesure( l u elle vieillit. Elle place ù la caisse d’épargne tous ses émoluments, et ne donne hSes parents que les rognures des cadeaux qu’elle reçoit pour sa fête et au premierde l’an.
Après trente-cinq ans, l’institutrice de vocation qui a fait son petit pécule se""trie avec quelque employé des postes ou d’un ministère. Elle devient alors unedocte ménagère, une mère pédante et rigide, si elle a des enfants. Ou quand elle al’ r,s son parti de rester vieille fille, elle achète un fonds de pensionnat, comme onAchète une étude de notaire avec une clientèle toute faite, et s’y prélasse le reste deS(is jours. Alors son plaisir est défaire bonne chère , d’avoir un caniche et uu perro-'l u ei, de tourmenter ses pensionnaires, de torturer ses sous-maîtresses, s’exerçanta infliger a son tour ces milliers d’infimes persécutions dont elle a été longlemps'ictiiue.
Avez-vous vu dans quelque élégante pension à la mode , ou dans une des royalesmaisons de la Légion-d’ilonneur, à Saint-Denis , par exemple ; avez-vous vu une dec<!s pâles demoiselles, rêveuses, ennuyées, dégoûtées de la vie a vingt ans, se pronie-iiuiit seule dans une sombre allée de ces jardins où près d’elle d’autres allées sontSl ''fuyantes et si animées par les jeux de ses heureuses compagnes? Cette grande( 'emoisclle pâle et triste, triste de dépit et uon de douleur, c’est le type naissant de"istitutrice ambitieuse.
l'esl^ 6 t * C < ' u<: ' f ' uc S anara ' ! ou de quelque fournisseur de l’empire ruiné par la( „„ dUrat i<m; parfois enfant mystérieux d un haut personnage et d’une grande dame
11 a pu donner a son père que le titre d’oncle, à sa mère que celui de tante.
elle
a v u son enfance entourée d’un luxe imprudent. Pour elle, toutes les prodi-a dés du grand monde ont été introduites dans l’enceiute d’une pension. En nais-f ant e " e a eu des parures et des bijoux, une femme de chambre , esclave soumisea l °Us ses caprices les plus tyranniques. Enfant elle a été nourrie de bonbons et de< l'bi^ ll, " CS ’ sc ' on son vouloir; on altérait ainsi sa santé avant qu’elle fût fortifiée.s lai 'd, même régime pour son esprit: au lieu des livres de saine poésie, de