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L’INSTITUT K ICE.
dos cadeaux élégants, preuves d’une satisfaction réelle , mais est-ce tout pour cetteâme, si noble, si aimante et si jeune encore, quoique le malheur l’ait vieillie préma-turément? Est-ce tout qu’une position honorablement acquise par sou travail et qui luiPermet de secourir sa famille indigente? A ces avantages positifs ne devrait-il pas sejoindre pour ce cœur si tristement éprouvé, quelque consolante amitié qui l’empêchâtde se souvenir qu’elle n’est qu’une étrangère dans cette riche famille a laquelle ellea voué sa jeunesse, son esprit, ses talents, souvent même son cœur, et qui ne luidonne en échange de tous ces jeunes trésors, qu’une existence comforlable, mais dé-colorée, que de l’or et pas une heure de douce intimité.
L’institutrice par dévouement accepte son sort tel que la Providence le lui a fait;die a la résignation des âmes sensibles et tières qui pouvaient espérer beaucoup de1* vie et qui n’y trouvant que des déceptions, se résignent sans se plaindre. Soncœur ne se dessèche pas, son imagination ne s'éteint point; mais elle refoule endle-même tous ses désirs sans espoir, toutes ses illusions qui tombent et meurent"ne à une dans la sphère où elle vit. Elle est belle, aimante, enthousiaste, pleinede cœur et d’intelligence, elle aurait aimé, elle se serait attiré l’amour au sein desa famille; mais dans cette famille étrangère où le malheur l’a jetée, qui l’aimera,fl" 1 se dévouera a l’aimer d’amour. Est-ce le frère de son élève? ce jeune hommear dent, passionné, qui commence la vie et qui éprouve, comme à son insu, pour laJeune et belle institutrice un intérêt tout-puissant. Mon Dieu ! elle a bien compris ason regard, à sa parole, 'a ses douces et involontaires attentions pour elle, que luidu moins ne la traitait pas comme un être inférieur, comme une étrangère qu’one niploie et qu’on paie. Mais la pauvre enfant n’ose se livrer à cette pensée, à cet es-P°ir, elle a trop d’orgueil pour vouloir d’un amour qui ne serait qu’un mystère,flu’une intrigue cachée; elle sent qu’elle est digne d’être aimée avec bonheur etcou-ra geusement, et cet amour tremblant de jeune homme qu’un regard de sa mère faitP a 'ir, qui s’épouvante d’une réprimande, qui cèdeâ de vaniteuses réflexions de ranget de fortune, souvent faites avec cruaulé devant elle, et dont elle saisit tristement' e sens ; cet amour qui d’abord fut, pour sa vie monotone et grave, une suave espé-ra "ce, devient une sorte d’humiliation dont sou âme est froissée.
Que de luttes dans cette pauvre âme sans appui, qui s’effraie de ses rêves, quiles combat et qui ne parvient à les vaincre qu’a force de souffrance et de dévoue-"tent! Que de fois sa tâche lui paraissant trop rude, elle fut tentée de fuir cette mai-s °" où elle est utile, où ses talents sont appréciés; mais où Ton ne donnerait pas""e larme à son absence ! Que de fois se souvenant des baisers de sa mère, de latendresse de son père, elle a pensé à revenir vers eux, en s’écriant : « Vivons,a| nions et souffrons en famille, l’isolement de la jeunesse est impossible a monc ®ur! » Mais la même voix qui lui dicta son sacrifice a étouffé ce cri de l’âme, elles est souvenue de l’indigence qu’elle avait adoucie, du bien-être qu’elle répandait"Laque jour sur les siens, en travaillant, en s’immolant sans relâche, et, fortifiéeP ar la lutte, elle la continue malgré ses blessures.
— Est-il rien de plus douloureux, de plus saint que le spectacle de cette jeunetemme! Elle perd sa beaulé dans les veilles laborieuses de l’étude, dans des don-