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Tome second.
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L K CKOQU Ë-MORT.

philosophie ! qui seul derrière un corbillard suivait les restes de sa défunte adorée, e*fumait tranquillement sa pipe.

Il va sans dire que ce sont les croque-morts de la métropole que nous avons prispour type et archétype. Ceux des provinces varient a l'infini, mais au demeurant, ilsne sont loujouis que des provinciaux. J’en ai rencontré dans quelques villes qui res-semblent assez par le costume a des marchands arméniens d’Ârchangel, et d'autresqui m’ont paru un assez heureux mélange du charbonnier et du rabbin. — L’usagedes chars , qui fait dire au peuple de Paris : « En tout cas , nous sommes sûrs de nepas nous en aller ’a pied » ; ou » viendra un jouroù, ventrebleu ! à notrelouraussi nouséclabousserons!... » n’est pas généralement adopté et ne le sera pas de sitôt sansdoute. Beaucoup de villes regardent encore ce mode de transport funèbre commeun véritable sacrilège, et'il n’y a pas fort longtemps même qu’a Moulins la popu-lace a jeté dans l’Ailier, un malencontreux corbillard qui avait osé se montrer parla ville.

La gaieté qui'règne chez nos aimables vaudevillistes du faubourg, tout hélioga-balique, toute sardanapalesque, tout exorbitante qu’elle a pu vous sembler, estbien déchue cependant de son antique splendeur. Hélas! ce n’est plus que l’ombred’elle-même. Il fallait voir avec quelle magnificence inouïe se célébrait autrefoisle jour des Morts. Le jour des Morts, c’est la fête des Pompes, c’est le carnavaldu cioque-mort! Qu’il semblait court ce lendemain de la Toussaint, mais qu’il étaitbrillant!... Dès le matin toute la corporation se réunissait en habit neuf, et tandis qi |CMM. les fermiers dans le deuil le plus galant, avec leur ciispin jeté négligemmentsur l’épaule, répandaient leurs libéralités, les verres et les brocs circulant, on vidaitsur le pouce une feuillette. Puis un héraut ayant sonné le boute-selle, on se pré-cipitait dans les équipages, on partait ventre a terre, au triple galop, et l’o"gagnait bientôt le Feu d’Enfer, guinguette en grande renommée dans le bon temps-L’a dans un jardin solitaire, sous un magnifique catafalque, une table immensese trouvait dressée ( la nappe était noire et semée de larmes d’argent et d’osse-ments brodés en sautoir), et chacun aussitôt prenait place. — On servait la soupedans un cénotaphe , — la salade dans un sarcophage, — les anchois dans des cer-cueils! — On se couchait sur des tombes, — on s’asseyait sur des cippes; — l eScoupes étaient des urnes, — on buvait des bières de toutes sortes; — on mangea 11des crêpes, et sous le nom de gélatines moulées sur nature, d’embryons à l abéchamelle, de capilotades d’orphelins, de civets de vieillards, de suprêmes decuirassiers, on avalait les mets les plus délicats et les plus somptueux. — Tout étadà profusion et en diffusion ! — Tout était servi par montagne! —Au prix de cela l eSnoces de Gamache ne furent que du carême, et la kermesse de Rubens n’est qu’m ,escène désolée. — Les esprits s’animant et s’exaltant de plus en plus, et du choc jail-lissant mille étincelles, les plaisanteries débordaient enfin de toutes parts, — ' eSbons mots pleuvaientà verse, — les vaudevilles s’enfantaient par ventrée. —■chantait, on criait, ou portait des santés aux défunts, des toasts à la Mort,et bic»'tôt se déchaînait l’orgie la plus ébouriffante, l’orgie la plus édhevelée.. Tout cia |(culbuté! tout était saccagé! tout était ravagé! tout était pêle-mêle! On eût dit m ,c