I.K COCHER DK COUCOU.
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Jamais ils n’auraient môme eu l’idée, pour aller à Saint-Cloud ou au moulin de Javelle,de prendre un fiacre a six et de mettre ainsi les ébats de l’amour en contact avec lesregards jaloux ou méchants des cousins, des oncles, des tuteurs... Non... Mais il*ont inventé le coucou ! honneur il eux !
Vous êtes-vous jamais, par un beau soleil de juillet, promené le dimanche malin ducôté de la place de la Bastille ? Avez-vous vu le départ du coucou pour Saint-Mandé,pour Kontenay-sous-Bois, pour Nogenl, pour Neuilly-sur-Marne , pour Noisy-Ie-Sec,tous ces délicieux petits villages jetés sur la lisière d’un grand bois, ou sur les bordsde la plus jolie rivière du monde ? Avez-vous vu arriver par essaims les grisettes duquartier Saint-Denis et les étudiants du quartier latin?... Eli bien ! vous avez dûle remarquer : les couples les plus gais, les plus amoureux, les plus beaux, les plusjeunes n’hésitent pas un seul instant. Ils ne s’arrêtent pas devant le cabriolet solitaire,ils ne débattent pas de prix avec le triste carrosse numéroté, asile ordinaire des famillesbourgeoises chargées de provisions diverses pour le dîner sur l’herbe. Us ne s’empri-sonnent pas dans les lourdes diligences de l’entreprise Touchard, où l’on se trouveentre un voyageur pour l’article vins, et un lieutenant d’infanterie de la garnison deCorbeil, tout comme si on allait faire une excursion de cent lieues. Une diligence aulong cours comme au cabotage serait incomplète, si elle ne recelait pas dans ses flancsun lieutenant d’infanterie et un voyageur pour l’article vins.
Ils s’élancent tout d’abord nos couples les plus gais, les plus amoureux, les plusbeaux, les plus jeunes, ils s’élancent dans les coucous! Appelez cela de l’intelligence,appelez cela du caprice, appelez cela delà reconnaissance : peu m’importe... Il n’enest pas moins vrai que tandis que les autres voitures n’ouvrent leurs portières qu’atoutes les infirmités morales et physiques de la race parisienne, les coucous sont aussitôtchargés d’une verte et rayonnante jeunesse.
El fouette cocher !
Si le coucou est une institution, le cocher de coucou est un type. L’institution s’enva, hélas ! tous les jours ; le type, s’efface ! Hàtons-nous de lui donner place dans notregalerie.
Jacques, notre cocher de coucou, n’est plus jeune, fl a pris les guides des mains deson père vers l’année 1790. Son coucou est un coucou héréditaire ; plus heureux q» cmaint lils de roi, plus heureux par exemple que ce pauvre enfant royal, dont non*avons vu tant de mauvaises contrefaçons dans ces derniers temps, Jacques a pu tran-quillement s’asseoir après son père sur le trône, je me trompe, sur le siège de sesaïeux. Il regarde son coucou comme son patrimoine, comme son berceau : il a pour lu’le respect qu’avait, autrefois le jeune noble pour le vieux manoir féodal, archives depierres de sa famille; il a pour lui l’amour du propriétaire parisien pour sa maison,de l’usurier pour son gros sac de louis neufs, de l’enfant pour son premier jouet.n’est heureux que lorsqu’il roule dans sa voiture, le fouet en main et la tête hauhbentre deux belles allées de peupliers, sur une route plate et unie, loin de la grandeville, de son fracas, de ses inspecteurs, de ses calèches bourgeoises et de ses cocher*anglais a perruque de laine.
Jacques n’a rien de la passion ordinaire des cochers pour leurs chevaux. H l)t;