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Tome second.
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LE GAMIN DE PARIS .

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lugubre; il devine le feu el il se jette ventre a terre; les balles le reconnaissent,et elles passent plus loin; pas un soldat qui ose le toucher de sa baïonnette, car ilsemblerait à ce soldat qu’il va assassiner son frère ou son enfant. El notez bien q ,,edans ces horribles mêlées, où il y va de la destinée des empires, la gamin de l >arlSne voit qu'une chose, un bon prétexte pour quitter l’atelier, pour déserter l’école ,une espèce de jeu à sou usage. Dans ce bouleversement général, ce singulier hérosne songera pas a dérober une pomme ou uu sucre d’orge; il respectera les bouti-ques les mieux garnies des confiseurs et des pâtissiers. Une fois dans l’émeute, ün’a plus qu’un désir, qu’une envie : c’est de forcer le palais du roi et de s’asseoitsur le trône du roi ; c’est de briser les portes de l’église et de s’asseoir sur l’autel d°Dieu ; c’est de déüer en ricanant toutes les forces que les hommes respectent : d sCligure que les révolutions ne sont faites que pour le faire rire , et son rire est tu*’ 1Vollairien. Mais cependant que dans la mêlée, un de ses ennemis tombe frappé * 1mort; aussitôt le gamin s’arrête, et il pansera le blessé de ses mains; mais, se fût-*'assis sur le trône du roi, eût-il monté sur l’autel, eût-il démoli, comme cela s eslvu, en moins de trois heures, l’archevêché tout entier, s’il plaît a sa mère de I egronder, de lui demander son mouchoir de poche, où donc il a déchiré sa blouse,el pourquoi il est rentré si lard? Aussitôt notre héros de tout a l’heure, notre ro*tombé de son trône, notre Dieu sorti de son temple, le voilà , notre démolissent,qui se laisse battre par sa mère, et qui l’embrasse comme un enfant.

Aimable enfant! oui, je le préfère, et de beaucoup, dans sa vérité sauvage et dé-guenillée, à ces beaux petits messieurs de Paris que leurs bonnes promènent ai*'Tuileries en si grande cérémonie. 11 apporte en naissant tous les nobles instincts, 1°courage, la franchise, l’indépendance, l’art de vivre de peu, cette grande science de hvie heureuse et sage ; il accepte, et comme une aubaine à son usage, même les orages® 1les tempêtes, même les famines et les pestes: il assiste sans le savoir à l’enfanteme» 1de toutes les grandes idées, à la lutte incessante de toutes ces forces rivales; et p° ulla part qu’il y prend , pour le sang qu’il y verse , pour l’intelligence qu’il y appu ,te ;il ne demande rien que la permission de voir passer sur le Pont-Neuf le nouveau ro*qu’il a créé. Issu d’une longue suite d’aïeux dont la noblesse se perd daus la nuit destemps, et jeté par le bonheur de sa naissance daus cette grande ville qui est la l® 10du monde, il met à profit tous les hasards, tous les bonheurs, tous les accidents J 1 ’sa ville natale , comme fait le jeune pâtre de la Suisse pour ses montagnes, coiu ,lHfait le Normand pour sescampagnes, comme fait l’Allemand pour les bords du bl ||ll;son fleuve bien-aimé. Le gamin de Paris sait toute sa ville par cœur, il en coniiadtoutes les rues , tous les passages; il a étudié avec le plus grand soin les faubourg®’les rues , les quais, les carrefours; il est monté dix fois au sommet de la colonne, da pensé se perdre dans les Catacombes, il a passé bien des revues au Chain p-de-Mu*®’Que de belles promenades il a faites au parc de Saint-Cloud 1 11 sait très-bien fl 111.Voltaire est logé au Panthéon , que l’abbé de l’Epée est l’instituteur des SourdsMuets, que saint Vincent de Paule est Vinventeur des Eufants-Trouvés. Il va parlu |sse promener dans la galerie du Louvre, et là, parmi tous ces chefs-d’œuvre »’i^lassés uniquement pour son plaisir, le drôle, qui s’y connail, s’arrête avec orgue’*