LA DEMOISELLE A MARIER.
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nos mères aiment toutes'a parler d’amour. A dater de ce moment, le jeune hommereçoit l’autorisation de chercher a se faire aimer, et comme les cent mille livres derente lui plaisent prodigieusement, il se promet bien de réussir, il abandonne lejockey’s club et les parties ruineuses qui pourraient lui faire du tort si on les savait;
vient au bal et ne fait danser que sa future fortune; il vient caracoler au Boisoutour de la calèche où elle est promenée par sa mère. Si elle aime les chiens, il seniet 'a aimer les chiens; si elle est musicienne, il aime la musique ; si elle est gaie, iles t gai ; si son humeur est mélancolique, il est mélancolique et ne lit que Byron etn °s poètes ténébreux ; enfin, pendant six mois, il est aussi parfaitement hypocritefo on nous force à l’être du berceau jusqu’à notre contrat de mariage.
~~ Mais les parents, les amis, ne disent-ils rien?
~~ Non : les parents, les amis, sont dans le secret et chacun dit :
* Comme monsieur tel est bien ! qu’il est agréable 1 comme il monte bien à cheval !comme il a bon air! etc., etc. La mère dit à sa fille : — Comme il aime sa mère ! qu’iles t bon, distingué, spirituell il sera pair un jour, et certainement il se fera remar-ier à la chambre; » car si beau que soit un nom, voyez-vous, maintenant on sentbien qu’il faut retremper ses titres dans un peu de mérite personnel.
— Et que dit la jeune fille à cela?
— La jeune fille rougit un peu, elle se rappelle un soupir qu’il a fait semblantS’étouffer, en apprenant qu’elle part pour la campagne ; et pourtant c’est à la cam-pagne que se frapperont les grands coups ; d’autant qu’on a remarqué qu’à forceS’entendre vanter les mariages d’inclination, la pauvre fille a pris la chose au sé-■àeux, et semble accorder quelque préférence à... son cousin, car les cousins, onSit que c’est la peste des familles; et peut-être on a raison.
— Et vous, Marguerite, n’avez-vous pas un cousin ?
" Oui, le prince de M..., dit Marguerite en rougissant un peu ; mais ce n’estPas de moi que je vous parle, laissez-moi vous achever le mariage d’inclinatiou.
On part pour la campagne ; huit jours après, le jeune homme arrive avec sa^ ere ; le temps presse, on craint le cousin, qui doit venir à l’automne. Alors il tombee Perdument amoureux ; on le laisse gémir et soupirer pendant trois mois, plus ou•boins ; mais au bout de ce temps il faudrait avoir bien du malheur ou de la mala-^ Ies se pour qu’une jeune fille ne finît pas par se croire un peu éprise.
— Marguerite, je vous trouve bien savante, vous m’étonnez 1 Où donc avez-vousa PP r is tout cela ?
~~ J’ai appris tout cela d’une de mes amies, laquelle a été ainsi conduite à épouserUtl homme qu’elle ne pouvait pas souffrir, et avec qui elle est fort malheureuse,P arce qu’il aimait passionnément sa fortune et qu’il se souciait fort peu d’elle.
Vos mariages d’inclination sont très-plaisants!
Pas trop, je vous l’assure.
~~ Alors ce n’est pas un mariage d’inclination que vous faites?
' Non, non ! je ne suis pas assez riche et je ne dois m’éprendre de personne. Onre Pète très-souvent devant moi qu’une fille bien née ne doit avoir aucune préférencea,)s le cœur. Seulement, si un grand seigneur très-riche voulait bien devenir folle-