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Tome second.
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L A DEMOISELLE A MAIS 11', II.

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« Marguerite, chère enfant, lui dit-elle en la baisant au front, et s’asseyant tout«mue a la place que lady L... venait de quitter; je t’apporte de grandes nouvelles.Tout va bien pour toi, et, Dieu merci ! je l’ai su a temps ! Oli ! que je suis heureuse !mire vieux cousin le marquis de Bussy est mort.

— Oh ! j’en suis bien fâchée, dit Marguerite ; il était si bon pour moi !

— Sans doute, sans doute ; je le regrette aussi beaucoup, mais en mourant il s’est'Ouvenu qu’il t’avait tenue sur les fonts de baptême, et au lieu de disséminer sa for-tune entre ses vingt neveux, il te laisse cinquante-cinq mille livres de rente, sanscompter un très-bel hôtel à Paris . Te voilà un des bons partis delà société, etdéjà le duc de C..., le parent du marquis de Bussy, en me mandant cette nouvelle,le demande en mariage, pour resserrer, ajoute-t-il, de plus en plus les liens d’amitiélui l’unissent à ma famille.

— Et mon beau fiancé de ce soir, dit Marguerite avec sa jolie physionomie mo-queuse, qu’allez-vous en faire?

— Ce matin même, de chez mon notaire, où je viens d’apprendre ton changementde situation, je lui ai écrit, avant que la nouvelle fût ébruitée, pour lui dire que desréflexions sur la différence de vos goûts et de vos caractères me faisaient renoncer à! honneur de son alliance.

— Vraiment ! reprit Marguerite ; je n’en suis assurémentpas fâchée ; pourtant, s’ilaut le dire, ce procédé me semble un peu dur. Le trouver bon pour dix mille livresle rente, et le rejeter quand on en a cinquante ; comment pourra-t-on traduire celadans le monde?

— C’est mon devoir de mère de bien établir mes enfants, et personne ne sauraitote blâmer de le remplir, répondit madame de Bussy d’un air digne mais positif ;

présent tu peux aspirer à tout, et j’espère te faire faire un magnifique mariage.

— Allons, me voilà fille’a mariercomme devant; mais, ma bonne mère, maintenantc iue je suis riche, pourquoi n’essaierais-je pas un mariage d’inclination, non pas à lafrançaise, mais à l'anglaise , comme lady L..., vous en souvenez-vous, quand nousétions en Angleterre; c’était bien beau, bien séduisant! ô maman, la fortune doitservir, ce me semblera tout autre chose qu’à chercher la fortune; ne le pensez-vousPas?

— Un mariage d’amour comme lady L..., c’est en effet une belle chose; atten-dez. Madame de Bussy sonna sa femme de chambre, et lui dit de lui apporter unJournal anglais resté sur sa toilette ; elle y lut ce qui suit :

<< Lady Diana L..., une belle et charmante personne de la haute société anglaise,^ ^a suite de vifs chagrins intérieurs, est partie de son hôtel dans Porlland-Place,a vecle prince Frédéric de N..., connu en Angleterre par des succès de plus d unSenre; les fugitifs se rendent, dit-on, en Italie en passant par la France . »

Marguerite restait confondue. Madame de Bussy, très-Iièrc de son argument,e «core que ce fût la fille d’une amie qui le lui fournît, ajouta en regardant Mar-guerite :

Voilà ce que sont tous les mariages d’amour.

~~Je n’en reviens pas, répondit la jeune fille ; c’est là l’cxplicalion de... Mais