dans le sanctuaire, c'est-à-dire clans la chambre à .coucher du précepteur, c’est lail fait ses éludes cl scs classes. Vous trouvez le maître et l’écolier engagés dans laPlus vive discussion : les conversations sont la condition sine quâ non de succès pourI e précepteur. Le préceptorat peut se traduire par des causeries perpétuelles. Un yinstruit en riant et quelquefois aussi en dormant. El ne vous scandalisez pas trop siv °us surprenez les deux champions ronllant à qui mieux mieux. Éveillezdes dou-cement et interrogez. Gardez après cela le résultat de vos investigations pour vous ;su rtout n’en dites rien à la mère. Madame n’entend pas que son iils soit brusqué.
s °n précepteur est plein de mansuétude ; il lui convient à ravir.
« Mes eufants ont beaucoup perdu en perdant ce bon M. Morin, me disait unj°Ur madame la baronne de *’*. C’était un jeune homme soumis, doux et facile avi 'rc, toujours content, toujours de votre avis. 11 avait pour eux tous les égards etlp s ménagements possibles. Et puis de la méthode... ah!... il suivait exactement mesprincipes : ne faisait rien sans me demander conseil ; enlin, c’était un homme touta fait à sa place. Quel excellent caractère! »
C’est bien là en effet le précepteur débutant, le précepteur encore enfant. LesBrands airs lui font peur, timide jusqu’à ramper, il n’a de volonté que celle desa Ulres et se laisse mener à la lisière au lieu de régenter comme il en aurait le droit,ülais il grandira, et en devenant homme il s’émancipera, il se mettra à l’aise.
Peu à peu le précepteur s’enhardit et dépouille ses langes de pusillanimité. VoilàQuelques mois seulement qu’il foule les tapis d’Aubusson , assiste à de brillantes soi-j'ecs, fait de grands diners, et déjà il n’est plus reconnaissable. On s’accoutume si viteà ees choses-là! 11 prend goût aux concerts, aime l’éclat des bougies, ose danser leüalop et conduit sou élève en visite parliculière.
■le vous l’avais dit : il est philosophe; et en a pris son parti ; il domine maintenant* Cs hommes et les choses ; il va se venger des désagréments qu’il a essuyés, par la viechâteau arrangée à sa manière et appropriée à sa nature.
Ne pourra-t-il donc pas aussi lui remplacer sa classique redingote par un habit•'oir? jusqu’ici il avait eu une chaussure neutre; ce n'était ni des escarpins , ni desSouliers proprements dits ; c’était quelque chose qui n’a pas encore de nom dans leManuel du savetier ; lui défendrez-vous de se commander une paire de bolies >. sera-l '*l condamné par un stupide préjugé à ne jamais porter de canne, de lorgnon cl deJ )ai »lalon collant? Pourquoi, comme les hommes de la bonne société, ne eauserail-î* l )as de tout, ne trancherait-il pas sur tout? 11 est homme, morbleu! Et dorénavantaura une petite canne noire en bois [teint, il portera des conserves d un bleu ten-t ' l °) jouera de la flûte, touchera le piano, parlera spectacles, littérature , fleuis,e l‘asse , chantera et dansera à rendre jaloux le coryphée des dandys. Le voilà qui dc-'tent plus jaloux de sa personne. 11 se fait la barbe trois fois par semaine, loin meules es cheveux, se savonne les mains et se tient devant sa glace pour faire réciter les le-ǰ0s. Que sais-je , moi! l’homme est singe de sa nature ; il fait ce qu il voit taire. E.lttotie pauvre précepteur pourrait bien tout a l’heure tomber dans 1 excès contraire aCellli qui affligeait son noviciat. Mais, non , il ne dépasse guère certaines limites, sa• aison sévère repousse l’excentricité, il ne s'habille jamais à la dernière mode, rejette les