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Tome second.
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LE PU ÉC El* I EL K.

Imites vernies et les gants jaunes. Les barbes d’Aaron éveillent en lui des idées de ré -publicanisme et de sans-culottisme qui le font frémir. Ses cheveux resteront éternelle-ment a la Titus . Il a les coiffuresdu moyen âge en horreur, attendu quecette mode senttrop pour lui le séminaire. Il n'est ni pimpant, ni pincé, ni musqué, avenant sans êtrediaphane ou aérifnrme, sa démarche n’est point sautillante; ses manières sont aisées etses gestes faciles. A force de se frotter avec les gens du monde, il se polit et se redresse.

Je ne vous dissimulerai pas même, qu’en y réfléchissant à plusieurs reprises, il sentpointer en lui un petit germe de vanité, lit qu'on ne vienne pas dans ces moments-lalui faire la loi ou lui tracer la marche à suivre, il a sa réplique toute prête:

« Monsieur, ou plus souvent encore, madame, sachez que je suis ici précepteur etnon valet! Je n’ai d’ordres a recevoir de qui que ce soit. En me confiant léducationde votre lils, vous m’avez sans doute jugé capable de la diriger, laissez-moi doncagir à ma guise. »

Après ce coup d'éclat, qui peut être regardé comme le dénouement du drame, le pré-cepteur est chez lui, il se considère comme de la famille, il fait les honneurs du salon,reçoit ses amis à l’office, donne ses ordres aux domestiques et commande les chevauxet les voitures. Son chemin commence à se border de roses, il lui est enfin donné desa-vourer les joies delexislence. On l’écrasait quand il se faisait petit; on le respecte quandil se fait grand. On avait poussé l’impudence jusqu'à le reléguer dans sa chambre lesjours de nombreuses réunions, sous prétexte que l’enfant ne devait pas paraître dansces solennités, on les éloignait tous deux, l’un comme un obstacle, l’autre comme unehonte. Désormais il aura sa revanche. Lélève, dit-il, doit prendre de l’exercice ; *1ne doit rien ignorer des usages du monde; il faut le rnetlre le plus souvent possibleen contact avec ces usages ; d’un autre côté, l'œil de son précepteur ne doit jamais lequitter. Donc nous serons de toutes les parties, et l’élève , en compagnie du précep-teur, se promène, voit tout, s’amuse bien;il subit même, en public, des examens nuson maître cite du latin à faire pâlir dix émigrés. Aux soirées, le précepteur joue au fu-ret ou au colin-maillard avec les demoiselles, il fait aussi de la tapisserie. Oui, vrai-ment, de la tapisserie ! Tenir une aiguille et tisser sur la toile le renard de La l’oniaineet ses raisins trop verts, ou bien encore quelque sujet des églogues de Virgile , » esied pas mal au précepteur. Ces délassements ne sortent pas de son caractère. Quel-quefois il occupe ses loisirs à cultiver un petit carré de jardin. 11 aligne ses plates-bandes ; il sème des fleurs, plante des arbres à fruits, les arrose et met son plaisirii les voir venir. C’est pour lui un champ fertile où il recueille maintes comparaisonsqui stimulent son élève et provoquent souvent une noble émulation.

La politique, comme on sait, trouve ses dévots les plus ardents au fond des cha-leaux. Le précepteur ne se mêle pas volontiers à ces sortes de querelles. L’éeononuesociale n’est point sa spécialité ; il n’a jamais rêvé d’utopie, et les grands mots deliberté, d'ordre public, de progrès, le trouvent froid comme un marbre, il est gé-néralement légitimiste, cela va sans dire : il est ce qu’on l'a fait, ce que sa posi-tion veut qu’il soit. Ses opinions en littérature sont autrement trempées. Le pi' e *ccpteur essentiellement classique, et classique enragé, c’est le mot, défend à ou-trance les patriarches de la logique et du bon sens, comme il les appelle. Il est aux