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Tome second.
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LE SOCIÉTAIRE DE EA COMEDIE-FRANÇAISE. 195

humbles du grand, trottoir il fut admis comme pensionnaire dans la troupe descomédiens ordinaires de sa majesté. Vous comprenez sa joie. Mais il visait plushaut encore.—Jamais la comédie n’eut de pensionnaire plus dévoué et plus utile :toujours chapeau bas devant monsieur le commissaire royal, devant messieurs lessociétaires et mesdames les sociétaires, il ne refusait aucune corvée, se résignaitmême quelquefois a remplir l’emploi subalterne et quasi-muet, qui est si naïvementsi admirablement défini par ces deux vers :

Monsieur, c’est une lettre,

Qu’entre vos propres mains on m’a dit de remettre.

Enfin après trois ans de Narcisse, de Phorbas, d’Alain, de Diafoirus père et autrescooires, notre homme parvint a faire mettre sur le tapis la question de son admissionParmi les sociétaires. 11 rendait de si bons services, il avait tant d’expérience et deéditions, il était en de si excellents termes avec tout le monde, que le comité lere Çut d’emblée . De ce moment M. Aristide, qui était connu pour avoir l’épine dorsalecs-Hexible, et pour balayer avec son front la poussière des coulisses du théâtre clu Parquet des antichambres de toutes les influences du lieu, se releva comme Sixle-^ u 'nt, porta la tête haute, fit la roue, prit des airs de grand seigneur et de puis-s aiice, et se montra enfin tel qu’il est aujourd’hui.

Voyez-vous ce monsieur au toupet blond ébouriffé, au jarret péniblement tendu,au v 'sage plissé, mais soigneusement enduit de pâtes conservatrices, à la poitrineP° r tée en avant, au ventre chargé de breloques, a la démarche prétentieuse, qui® avance sous le péristyle du Théâtre-Français : c’est l’illustre Aristide. 11 ne faut pasexaminer longtemps pour reconnaître que c’est un roquentin qui cherche a se°nner des allures jeunes, non point dans des pensées de galanterie, mais dans untoférèt d’ambition et d’amour-propre. Depuis que M. Aristide a sa part d’influence,ln s les conseils de la Comédie, il s’est adjugé un emploi important ; il a prétendu*to x jeunes premiers rôles en chef et sans partage, et malgré son âge, malgré sone "t négatif, malgré les ridicules de son débit et de sa tournure, il n’a pas ren-c °ntré d’obstacle, car bien d’autres ont fait planche pour lui, et presque tous ces'Messieurs et ces dames de la société sont dans une situation identique.

toiivcz-le bien des yeux... il distribue de petits coups de tête protecteurs a touses toudataires du théâtre, a la bouquetière, au marchand de brochures, au décro-I. Ur > au limonadier du coin, qui s’inclinent devant'lui comme devant la plus par-1,1 le image de l’art dramatique sur la terre. 11 sort du comité de lecture et paraît'jtoieiix. C’est qu’il vient de se donner une petite revanche à lui-même. Hier1 ay ait été obligé de recevoir une pièce en cinq actes dans laquelle on ne lui,lv ait point fait de rôle, mais qui était très-spécialement recommandée par le cabi-tol du ministre de l’intérieur. Aujourd’hui il a refusé une comédie en trois actes

Vernie d'argot comique; grand trottoir veut (lire haut répertoire,