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Tome second.
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LE SOCIÉTAIRE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE.

sanglantes batailles de nuit, avec le guet, et qui portaient sur les planches les al-'••res noblement dégagées et la tenue de bon goût auxquelles ils étaient faits de*°ngue main. C’était, la sans contredit une société un peu mêlée, mais oii l’ontrouvait avec une facilité merveilleuse des chevaliers de Dancourt, des marquis deMarivaux et des Don Juan de Molière.

Ea révolution vint porter une rude atteinte a tous les préjugés, sans oubliercelui qui défendait l’abord de la scène aux gens du grand monde , par respect poureux-mêmes, aux petites gens, par habitude et par superstition. Mais au premier mo-O'ent ce préjugé-la ne perdit guère de sa force que dans la classe infime, lesoutres étaient trop occupées ailleurs. La noblesse émigrait et vivait a l étranger,cl la bourgeoisie avait assez a faire de prendre dans le gouvernement, dans laPolitique, dans la diplomatie , dans les finances, dans l’armée , les positions qu’on* ui abandonnait.

Alors le théâtre fut envahi par beaucoup d’aventuriers de bas étage, sans tenue,sai >s éducation, sans avenir, qui se firent comédiens faute de pouvoir trouver"'■eux. Us étaient admirablement propres a jouer les rapsodies républicaines donts a Ppauvrissail alors notre répertoire ; mais il ne fallait pas leur demander autrecl'ose. La scène française a été pendant vingt ans la proie de ces galvaiuleurs dra-stiques et de leurs imitateurs; on en trouve encore quelques-uns (Aristide enfait f 0 i) q U isont debout pour la perte et le déshonneur de l’art, et qui déparentles meilleures combinaisons comiques. Heureusement que ces taches s’effacent tous' es jours de plus en plus. Depuis quelques années le préjugé anti-dramatique aPerdu toute sa force, même dans les hautes régions de la société. Nous avons vudan s ces derniers temps , des jeunes gens de cœur et d’avenir , des esprits ornés,des manières nobles et distinguées se produire à la scène aux applaudissements delo "s. Un début au théâtre n’est plus regardé comme une prise de métier, maiscomme une affaire d’art. — Cependant le mieux ne doit point faire oublier le mal.C ’ es t pourquoi nous allons continuer la flagellation de M. Aristide.

Le prétendu talent de M. Aristide se compose de beaucoup d’ignorance , d’imila-Hons nombreuses, d’une certaine pratique de la scène et de quelques habitudes( l es théâtres de province. Avec ce mince bagage, M. Aristide est pourvu d’un im-coense amour-propre. Il se croit le seul comédien de l’époque; selon lui, Talma'• aurait pas obtenu le titre de Roscius français , il n’aurait point atteint le haut'' e 8ré de réputation auquel il est parvenu, si Aristide avait mis un peu plus tôt| e pied sur une scène de la capitale. 11 ne peut pas se dissimuler que lorsqu illa salle est vide et que les buralistes n’ont pas la moindre besogne, mais le8°ût du public ne saurait être égaré longtemps, et bientôt il reviendra au seul et vrai1>ea « ! le beau, c’est un Aristide , c’est la tragédie classique jouée par M. Aristide!

M. Aristide n’est-il pas le seul homme en France qui possède les traditions? LesMéditions ! voila son grand cheval de bataille ! 11 n’admet ni les études person-nelles, ni ] es inspirations en scène, ni le genie, ni le progrès. Les traditions!es traditions ! là est la perfection , là est le crïtcriuni du talent, là sont les colonnes'' Hercule de l’arl dramatique ! Il faut perler son chapeau comme Baron , mettre