LA CAIVl'ATiUCE 1)E SALON.
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Ceux qui n’y ont jamais assisté ne peuvent se faire une idée de ce que c’est4 l >’une de ces répétitions où on exécute toutes sortes de chœurs et de finales. Pen-dant un mois, la cantatrice qui doit organiser ce concert-monstre en miniaturedemande des voix a tous ses amis, et ferait au besoin chanter sa femme de chambre° u son portier. Quand tout est arrangé, elle enferme soixante-dix individus mâleset femelles dans son salon, et préside Ile -même au charivari le plus épouvan-•ahle qu’il soit possible de concevoir.
« Sic toben rail' bosen ©liât gitnckn,
(i Uttîi lunncu’â üraiîn, ntnntu’s ©csunjj. »
On souffre la chaleur et la soif sans jamais se procurer de l’eau ou de l’air , et°n tombe de sommeil sans pouvoir s’endormir, car l’orchestre et les voix grondent etRugissent comme une tempête, avec cette différence que , dans l’orage véritable ,e tonnerre ne tonne pas toujours, tandis que dans ces ouragans improvisés , il neCes se jamais pendant au moins quatre heures.
Cet ange de charité a roulades fait prendre des billets en masse a tous les jeunes8ens qui ont le malheur d’être protégés par elle ; chante elle-même tous les plus beaux® 0r ceaux, et fait chanter à ses amis tous ceux qui ne leur conviennent pas ; puis ,a ' a Un de cette œuvre de bienfaisance mise en musique, « chose la plus lugubre ,bùis assommante que j’aie entendue de ma vie, et que je n’ai jamais pu supporterUlle demi-heure sans gagner un violent mal de tête 1 , » les incendiés et les banque-routiers, les estropiés, les sourds-muets et les aveugles, les ouvriers de Lyon et les’ Css és de juillet, les veuves des soldats tués a Constantine et les orphelins des^rieux écrasés dans les émeutes, les émigrés italiens et les exilés polonais, lese ‘llards paralytiques et les enfants trouvés, enfin toutes les victimes possibles ouSmables, crient : Gloria in excelsis autour de la cantatrice de salon, et chacunCUx lui dit :
.... La voix qui me dit pleure,Est celle qui vous dit chantez.
On
^ C| été, chaque famille a la sienne. 11 y a la cantatrice des deux nobles faubourgsde la Chaussée-d’Àntin ; celle-ci est la cantatrice grandi flora de l’espèce- Elle ests ,^ 1 * e moins comtesse, marquise ou princesse, et appartient de droit aux ambas-lj^ e,lrs > aux ministres, aux banquiers et aux Anglais . Après cela, il y a les pe-s cantatrices multiflores , qui poussent partout comme de mauvaises herbes. Chez
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