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Tome second.
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LA CANTATRICE DE SALON.

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quenis ; il n’y en a pas une enfin qui ne soit souffrante, et dont les souffrances neProviennent de l’excès de sensibilité et d’impressionnabilité nerveuse qu’a développéchez elle l’étude de la musique vocale.

Savez-vous ce que c’est qu’une cantatrice de salon, vous qui vous enivrez chaqueSü ir des accents mélodieux qui sortent de ces bouches divines? vous qui, pour leurex primer votre admiration, vous transformez en de véritables encensoirs ambulants ?Insouciants! ingrats! je le répète, savez-vous ce que c’est qu’une cantatrice de salon?°n vous a demandé si vous saviez ce que c’était que le cœur d’une femme, que latôle d’un homme, que la vertu, que le vice, que le conseil des Dix, qu’un galérien;011 vous a fait subir un interrogatoire d’inquisition sur tout ce que vous saviez ou nesaviez pas : mais jamais, ni M. Ilugo, ni AI. Dumas, ni M. de Musset, ne se sont avisésde vous demander si vous saviez ce que c’était qu’une cantatrice de salon : c’est unePendule a cavatines dont tout le monde a la clef et dont personne ne peut arrêter lemouvement.

Vous vous êtes imaginé, peut-être parce que vous voyiez ces dames s’empresser deeourir de soirée en soirée, et de concert en concert, parce que vous les voyiez négligerleurs devoirs de fille, d’épouse et de mère ( tous leurs devoirs sociaux enfin ), quec était le plaisir qui les entraînait : vile pensée! pas du tout; elles remplissent unemission sainte et sacrée ; leur vie est une vie de fatigue, de privation et de mortifi-cation. Elles sont poursuivies par l’envie, l’injustice et la haine, et pour comble demalheur, elles sont incomprises. Une de ces dignes créatures, une de ces noblesfe mmes, me disait l’hiver passé : « Je me lève bien souvent avant le jour parce qu’ilfaut travailler ma voix; je passe ma journée entière dans les répétitions, et je rentrea deux heures du matin, accablée, brisée... je sens que cette vie-la me tue , mais ilfaut se dévouer pour les autres. »

On pourrait faire deux questions a ces dames : qu’est-ce qui les force a ce dévoue-ment héroïque? et pour qui se dévouent-elles ? Des âmes bien méchantes ont répondua fa première question : la vanité et le désir de la publicité ; ces dames disent : lac l*arité et l’amour du prochain. La seconde question est plus difficile; car, quoiqu’onv °ie d’innombrables dévouées, on n’a pas encore découvert un seul individu qui aitProfité par ce beau dévouement. Ce monde pour lequel elles chantent, et pour lequele Hes souffrent, ignore quelle reconnaissance infinie il leur doit, et se figure qu’elless a musent pour le moins autant que lui ; il apprécie le bienfait aussi peu que l’enfanta mjuel on inflige une punition en lui disant que c’est pour son bien.

Après cela, ce n’est pas seulement la santé qu’on dépense à être cantatrice de salon.^ es succès coûtent autant dans les beaux hôtels de ces dames qu’a l’Académie royalec fa musique ; et les chefs de la claque aristocratique exigent bien plus des comédien-ries de salon, que ne font ceux de la claque théâtrale des comédiennes de profession.Comment peut-on ne pas applaudir une femme charmante qui vous bourre de dîners,fiui vous fait souper chez elle en petit comité jusqu’à cinq heures du matin, et qui...mais la liste des bontés de ces dames serait trop longue; parlons plutôt des attributs‘lui les distinguent du commun des mortels.

Cn de leurs principaux charmes est de ne vieillir jamais. Si, comme le dit madame