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Tome second.
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L’INVALIDE.

— Un chouette, l'a, un vrai?

— Certainement.

— Touche Ta. Je le confie mes projets. Tu sais <|U<: ton ami est président de lasociété lyrique des amis des Trois-Couleurs, chantante et dansante, les dimancheset les lundis, au père Gigot, marchand de vins traiteur, au Grand-Vainqueur, bar-rière Mont-Parnasse, boulevard extérieur; gaieté, franchise, honneur aux visiteurs,hommage aux dames... Tout ça rédigé par moi... Alors que je suis son plus soigimd’auteur à la société, et que je le lui colloque des romances un peu chicardes... bhbien, mon ami, puisque tu es un bon, je vais te confier mes œuvres posthumes avantla fin de mes jours... et que tu auras le droit de les imprimer dans tes momentsperdus...

— Oui, mais je ne suis pas compositeur, je ne suis qu’imprimeur.

— Moi, je suis compositeur, et pas du tout imprimeur. Voilà pourquoi je ne faispas connaître mes coproductions lyriques; sans cela, je ferais en ce moment unedrôle de niche h la publication des Français peints par eux-mêmes, que mon amournational de citoyen et de tambour m’ont dicté de prendre un abonnement... Je telui en flanquerais de ces types à ton M. Curmer, qui ne fait que des types de commeil faut, qui n’ont jamais pu d’exister... Je lui ferais le soulard, le braillard, Cargo-fier, le décrotteur, Vécarisseur, le tripier, le récureur d'égout, le Limousin , ou l’e-tudiant de la Grève, le limonadier à deux lia rds le verre, le marchand de pommesde terre frites dans l’eau, la Compagnie-Hollandaise avec son bouillon de vieux os-l’allumeur de réverbères, le jeune-premier des Funambules, le ténor de Lazari, 1°traître de madame Saqui, la souricière de la TIalle, le mouchard, le forçat délibère,le filou imperméable, le carotlier, le tambour, l’invalide... et puis une masse d’au-tres, quoi!... Mais c’est ça des types, et des rupins... C’est pas comme l'étudiant eudroit. Vlà-t-y pas... c’est-y malin l’étudiant en droit! ça demeure faubourg Saint-Germain, voilà!... La grisette, c’est connu comme chou blanc. Qu’ils y viennentdonc un peu ces malins-là, Henri Monnier, J. Janin, Gavarni !... Oh donc! je '’ aSvous tambouriner le cuir un petit peu, moi fanfan La Blague , le roi, le triompha-teur des chanteurs et des gobichoneurs... Si je le connaissais seulement de le voir'ton Curmer, j’irais le lui donner fout cela, moi; et je lui dirais : Voilà... je ne vou*demande rien... Je fais la réputation de votre livre; c’est bien... Je vous oblige,vous m’avez de la reconnaissance : descendons prendre une bouteille, payez.•• clquand vous en voudrez de l’écriture, venez me trouver... D’ailleurs, tu vas j«g elde la façon dont je suis susceptible de te faire le portrait écrit du premier veninFl je te vas faire voir l’invalide, que je t’avais apporté exprès peur te le lire apr eSnotre visite, et rédigé par ton serviteur Colopeau, peintre en bâtiments de son état,et lyrique dans ses loisirs. Voilà. Fais monter une bouteille, et je te promène sa n ®nous déranger par tous les Invalides , que lu as venu trop tard pour les visiter... H°* J 'garçon, du même! »

La bouteille venue, le peintre en avala une rasade, se passa et repassa la lanS" 1sur les gencives, fit diamant sur l’ongle, s’essuya les lèvres, et entra corps et â 11 ' 1dans le rôle d’orateur. L’auditeur était haletant d’amitié, de joie et d'intérêt