244 LE RHÉTOIUCIEN.
cheveux de paysanes et du vinaigre d’Àcloque. 11 n’y a que les épiciers, les moutardset les berrichons qui se laissent attraper à ces choscs-l'a! Cet homme d’expérience estpleinement convaincu que la majorité des femmes est profondément adultère et plusou moins infanticide ; voila ce qu’il a trouvé dans une satire de Lord Byron,où l’on voitégalement que toutes les empoisonneuses sont des femmes. Mais vraiment, on pour-rait dire aussi que tous les empoisonneurs sont des hommes, ce qui serait un théo-rème indubitable et fournirait un prolégomène incontesté.
Notre byronnien se maintiendra résolument dans la même opinion jusqu’à l’heu-reuse époque où, dompté par une affinité élective,a la manière de Gotlorp-ÉphraïmLessing, il ira déposer ses tristes croyances aux pieds d’une adorable ouvrière alaquelle il aura conçu, mais fugitivement, a la vérité, la généreuse et bellepensée il’offrir, avec son nom, son cœur et sa main, comme dit toujours M. P* a 'nard 1 .
Mais pendant qu’il est encore dominé par des théories si desséchantes, et pendantqu il met tous les sentiments humains et sociaux , honnêtes et vrais, au-dessous derien, il étale inconséquemment les idées les plus débonnaires en philanlhropie.il Detrouve jamais assez d’air et de force, assez d’oxygène et d’organisme dans ses pou-mons, pour crier contre le monopole du tabac, contre l’imposition du sel, et sur-tout contre le régime colonial ; contre cet esclavage affreux que nous laissons pesersur nos frères du Sénégal et de la Gambie , sur les Chiearas, les Jaloffs, et les infor-tunés concitoyens du roi de Congo, qui sont habituellement égorgés ou pendus quandils ne sont pas vendus à des Brésiliens, des Havanais ou des Bordelais. 11 vous suffirade ne pas désapprouver assez fortement le tarif des octrois et le timbre sur les cartesa jouer, pour qu’il vous appelle sarcophage et monolithe arriéré, cruche pétri-fiée, borne milliaire et vertèbre de mastodonte, ou fossile antédiluvien! ce q u *est une invective abominable aujourd’hui. 11 est assez connu que M. GeoffroySaint-Ililairo a voulu faire un procès au jeune Gay-Lussac qui l’avait appelé vieuxIbis et Momie rétrospective ; mais cet élève du Jardin des Plantes a été libéré d aC "cusation pour avoir agi sans discernement, parce qu’il n’avait pas quinze ans révolus-— Si nous étions ’a la Chine au lieu d’être a Paris , disait M. Geoffroy, je le feraiscondamner à porter la cangue toute sa vie ! — Mais pour en revenir a notre publi-ciste imberbe, il est bon d’avertir les souverains étrangers que toute espèce de tôt®plus ou moins couronnée n’est jamais a ses yeux qu’un chefsalique, un tyranféodal, un despote ombrageux qui brandit continuellement la lame d’un gr aüsabre, afin d’écharper ses malheureux sujets prosternés devant lui. — Les sujets <1®ce temps-ci sont toujours agenouillés ou prosternés, comme chacun sait. — Le r ° ldes Français est le seul potentat qu’il n’ose pas accuser de se livrer continuel^ment a cette occupation monarchique. Si vous avez la patience et la bonté de lu>laisser dérouler scs plans humanitaires et sociaux, vous verrez qu’après vousavou -
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