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Tome second.
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LE 1UIÉT0RICIEN. 245

débité toutes sortes d’élucubrations qu’il a puisées dans l’ancienne Minerve et levieux Constitutionnel , il conclura par une macédoine en prosopopée, dans la-quelle il évoquera les mânes de La Fayette et des saint-simoniens, de Paul Cour-•'ler, de Charles Fourrier, et autres génies du progrès auxquels il a consacré tousles sentiments de confiance et de vénération dont il est capable. Mais comme le dés-enchantement de son cœur n’a pu résister aux minauderies d’une pelite lingère, ilurrivera que ses grands plans de réforme sociale iront sombrer lourdement devantce qu’on appelle aujourd’hui les agaceries du pouvoir , c’est-a-dire devant l’espéranced’etre employé comme surnuméraire a la direction des douanes.

Nous allons mettre sous les yeux du lecteur une anecdole que nous tenons pourVéritable , attendu que le grand écolier qui nous l’a contée ne pouvait y trouver au-c une satisfaction pour sa vanité. Laissons parler ce rhéteur ingénu.

— J’avais passé dix-liuit ans, et j’étais encore parfaitement novice et candide,quoique j’affectasse un air expérimenté, et quelquefois meme un peu blasé.—l’auvre Don Juan que j’étais! innocent blomlin , qui m’occupais en cachette a com-poser des madrigaux anthologiques et des sonnets italiens en l’honneur de Léontinel a y, qui n’en a jamais rien su, parce que je n’étais jamais assez content de la beautéde mon écriture et de l’élégance de mon papier à vignettes dorées.

J’étais allé passer mes dernières vacances au château d’Échenilles, chez M. JeanCouin, mon parent. C’était un homme habituellement brusque et peu souventounable ; abusant étrangement de son titre d’ancien colonel de la grande armée poure h’e à sa volonté loquace ou taciturne, impérieux et taquin. Voila ce qu’il était avec toutle monde, excepté sa charmante femme ; mais il faut vous dire comment cette prédi-ction se trouvait justifiée par le caractère et les agréments de ma cousine Gouin.Figurez-vous une belle et jolie femme de vingt-quatre ans, avec de grands yeuxIdeus, des dents du plus pur émail ; bien prise de taille, quoiqu’un peu rondelette,e f d’ailleurs alerte et rieuse. Elle était mère de deux gros garçons qui ressemblaientfort peu (très-heureusement) à M. le colonel, auteur de leurs jours. A peine eus-jePassé deux heures au château d’Échenilles, que tout ce que j’avais lu dans la lilté-la ture moderne, sur les relations habituelles entre les cousins et les cousines, etfine tout ce que j’avais appris au Gymnase sur les désastres matrimoniaux des an-c ‘ens militaires, me revint â l’esprit. Je compris que le sort ne m’avait amené dansc ®tte maison que pour y remplir une place vacante, ou du moins inoccupée; enc °nséquence de quoi ma résolution fut bientôt prise. Je commençai dès le len-demain a dresser mes batteries en roué consommé, en vrai Faublas, a ce qu’il mesembla.

Fendant huit jours, je fis de magnifiques dépenses en cosmétiques, en pommadec ! en eau de Cologne , ce qui constitue la perfection de l’élégance ou de la fashionP°Ur un lycéen défroqué. Je donnai force pastilles de toutes couleurs â mes petitsc ousins; je les versai cinq ou six fois de suite en les traînant dans leur petit cha-r,ot > et je m’arrogeai le droit de présenter journellement a ma cousine un bou-quet symbolique. Enfin, je m’ingéniai d’aller battre la mesure auprès d’elle,

a son piano, quand elle nous jouait la marche des Puritains, que mon parent affec-