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"°us la mine d’un auteur , et prenons un air sans Façon , ear ces messieurs n’aimentPus lesélrangersqui viennent,avec un lorgnon enchâssé dans l’arcade sourcilière, les' «garder travailler, comme on regarde les singes ou les ours monter a l’arbre et faire' e "i‘s exercices. Souvent ils se donnent le mot pour se livrer alors aux contorsions lesPins bizarres, de sorte que le visiteur se croit traîtreusement amené dans une salle de'"aniaques ou d’épileptiques. Mais, grâce a notre visage bon enfant , ou ne pense pas a"ous. Nous ne sommes pas ici à la composition des journaux , où la nature du travailCommande la célérité et Te silence. Écoutons. Les intelligences, frottées incessammentI une par l’autre, dégagent un feu roulant de saillies, de bons mots, île pointes, de sar-casmes, de calembours’, de coqs-à-l’âne a désespérer Odry. A l’atelier on ne respecte'"m, ni les hommes de lettres, ni les hommes d’état, ni les artistes, ni le talent, ni la''cliesse , ni même la sottise. Renvoyée d’un bout de la galerie à l’autre, l’épigramme'«‘Pondit, redouble de verve et de sel. Vires acquirit eundo. Les ridicules sont dé-couverts avec une sagacité merveilleuse, mis a nu et fouettés sans miséricorde. C'estUne première vengeance contre la société. Cela ne sert à rien, mais cela soulage.l’aiTois les compositeurs tournent contre leurs propres confrères cette rage de l’iro-n ' e , cette monomanie homicide de la satire. A-t-on surpris dans la galerie quelque^gnre frappée il un certain coin, quelque angle facial trop aigu, un crâne sur lequelsottise en relief eût épouvanté Gall , une physionomie condamnée a I avance parLava ter , un de ces tristes hères dont l’extérieur effacé, craintif, porte I empreinte^ "ne création manquée, et qui occupent parmi les hommes la même place que1 "nau et l’aï chez les animaux ? Malheur ! Il sera comme un piton qui fait crever la"»e et descendre la foudre. Sur lui les cataractes sont ouvertes ; elles l’englouiiront," 'Moins que, comme cela arrive , il ne préfère abandonner la place et l’atelier ; ou^'«n encore qu'il n’emploie sa force physique pour faire respecter sa faiblesse intel-lectuelle. Dans ce cas, on se met en quête d’un autre bouc émissaire , d’une nouvelle'"Time qu’on ne tarde pas à trouver et à immoler comme la première. Si le compo-S||( 'Ur n’est pas en train de jaser, il rêve. Sa plus grande jouissance est de caler, c est-"’ùire de ne rien faire : N une libri», mine sonmo. Il y a en lui beaucoup de l’orga-"'sation du chat, pourla volupté , la gourmandise et surtout la paresse. Vous le verrezles deux coudes appuyés sur la casse, tenant à la main dans son composteur une ligne'"achevée. Les yeux à demi fermés, la prunelle engourdie daus une molle torpeur,s uit les nuages qui défilent en haut dans le bleu, et sur leurs masses mouvantess °" imagination bâtit un château plus prestigieux, plus féerique que celui d’Aladin.k' s ont des divans somptueux, des bains parfumés, des ebibouques, des oukas , des""'guilés que lui allume un petit esclave noir. La se trouvent des femmes telles( I0 on en voit dans les illustrations de Shakespere et de Byron, des hou ris demi-" u es qui le servent, le sybarite! qui lui versent du vin de Schiraz dans des coupestü Uronnées de roses. A cette dernière et brillante transformation de son idée, le rê-Ve "r n’y tient plus, il fait un mouvement comme pour prendre la coupe , et dans ce'"ouvemeni, sa composition, retenue par une simple ficelle, tombe avec bruit et se"ici ew pâle, c’est-à-dire que toutes les lettres sont éparpillées, mêlées, amalga-mes, répandues dans une confusion horrible. Adieu le travail de la matinée! il faut