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recommencer sur de nouveaux frais, et auparavant rétablir le pâté. On appelle celaune danse de caractères. Lorsqu’on est las de railler, de mystifier le malheureux,on vient 'a son aide, et l’accident se répare bien vite. Ces innocentes distractions sontcause que l’on oublie, en composant, des mots, des lignes, même des phrases. Ces omis-sions portent le nom de bourdons. Lesdits bourdons exigent un grand travail P° ulêtre replacéslorsque la feuille est imposée, ou serrée aveedes coinsde bois dans un cadrede fer. Lorsque le correcteur apporte l’épreuve, on se précipite pour voir celui q 111a des bourdons, et on l'assourdit d’un bruit continuel imitant les cloches : din, di>hbaoun! din, din, baoun! D’autres fois on fait descendre un camarade sous prétestqu’il est demandé dehors. A son retouril est accueilli par une roulance générale, ce q ulsignifie que chaque ouvrier frappe en mesure de son composteur sur sa casse , a peuprès comme les représentants d’une petite partie de la nation frappent leurs pupiti' eSde leurs couteaux a papier, quand certains orateurs du centre jugent a propos dedonner un échantillon de leur éloquence. Il faut que le confrère mystifié essuie lafusillade avant de retournera sa place. Par une étrange contradiction, cet hommecontre lequel on vient d’épuiser le carquois de la raillerie, cet homme a-t-il besomdu moindre service, il n’a qu’à choisir, tout est à lui, on se dispute pour l’obliger-Presque partout le compositeur a, comme on dit, le cœur sur la main. Arrive-t-dà un confrère de faire une longue maladie? Lui a-t-on, pendant son absence, em-prunté son mobilier? Est-ce un étranger qui débarque sans ressources, ou qui, f auted’ouvrage, veut retourner chez lui, ou bien un enfant pâle qui s’étiole et meurt denostalgie pour avoir entendu la chanson de Réranger? Aussitôt une circulaire courtles imprimeries, une liste de souscription se forme, s’allonge , se remplit, se go n "fie, et se résout en une somme assez ronde qui tombe inopinément dans la main dupauvre diable. Cela se fait avec beaucoup de délicatesse. Souvent même la charitéporte les typographes à venir au secours d’individus qui ne sont pas de leur p r(> 'fession.
Avec les auteurs, le compositeur est presque sur le pied de l’égalité. Il les voit f ateà face. Pour lui, ils descendent de leurs piédestaux et se montrent avec leurs fat'blesses. Le masque tombe, l’homme reste... et souvent le génie disparaît.. Les dieux p eP "dent leur auréole quand on est trop près de l’autel. Rien des secrets d’étude, de cabi-net, de politique même sont dévoilés au compositeur. Il se prend à rire en voyant le bm>public accueillir sérieusement telle nouvelle de journal à la fabrication de laquelj®il a pris part. Il a vu la filière, les creusets , les laminoirs par où passe la peiiseede M. de Ralzac, avant de revêtir celte forme éblouissante que chacun admn eet envie. 11 sait à quoi s’en tenir sur l’allégation du plus fécond de nos roman"ciers, lequel, dans la préface d’un de ses beaux ouvrages, prétend ne boire jamaisque de l’eau. II possède le nombre précis des collaborateurs secrets de biend autrès. Devant lui tombent les voiles de l’anonyme et du pseudonyme. Cesmoires attribués à de grands personnages défunts, c’est un auteur industnqui les a inventés. Ces anecdotes du temps de l’empire n’ont jamais eu de fondement que dans une imagination féconde. Ce roman signé d’un nom de femme sode la plume courtoise d’un homme de lettres. Que de petitesses, que de choses hon