LE C0MT0S1TEU K TYPOGRAPHE.
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téuses on découvre avec tristesse chez ceux qui prétendent guider la nation , et quine font, la plupart du temps, que la fourvoyer dans une voie mauvaise! Le com-positeur connaît d'avance toutes les nouvelles. 11 a lu hier le manuscrit de ce superbediscours que tel orateur vient d’improviser’à la tribune. Aussi, fier de ses connais-sances, s’établit-il juge souverain , arbitre suprême du bon et du mauvais en matièrede littérature. A propos des écrivains et des artistes, il affecte un ton cavalier et sup-prime le substantif poli. 11 dira : Chateaubriand, Balzac, Sand; Ingres, Delacroix ,Scheffer; la Mars , la George, la Dorval. Notre homme a pris une teinture de omni? ’e scibili. Il a travaillé pourM. Thénard , et s’est fait à moitié chimiste. Cuvier l’arendu naturaliste ; Biot , physicien ; Poisson , mathématicien ; Arago , astronome ;Dalloz, jurisconsulte; M. Viennet, diplomate. Victor Hugo et Alexandre Dumas ses °nt frottés contre lui : le voilà poète et dramaturge. Lorsqu’un auteur agit bien avecle compositeur, lorsqu’il se met à son niveau, lorsque sa copie , c’est-à-dire sonManuscrit, est lisible , l’ouvrage sera soigné, le texte ne sera pas déparé par deseoutre-sens, des lettres retournées, des fautes de français, des mots tantôt trop écar-tés, tantôt trop rapprochés l’un de l’autre. Le compositeur fera même disparaîtredes erreurs qu’il est capable d’apercevoir et de corriger. Mais si vous affectez de laMorgue à son égard, si vous le traitez du haut de votre grandeur, si votre copieR’estpas mieux écrite que celle de M. Alphonse Karr (qui semble se servir de son terre-n euvien en guise de secrétaire), si votre manuscrit est couvert de ratures, surchargéd ajoutés, le compositeur se dégoûte et prend à tâche de mal faire. Quelquefois in-volontairement , souvent à dessein , il vous fera dire des choses ridicules. Rapporte-ra que pendant un discours brillant de M. Viennet, l’émotion de M. Fulchiron étaitv *ùbte, le compositeur se trompe, et on lit risible. Un journal parle-t-il des servicesl'te tel honorable peu honoré rend au gouvernement, il mettra vend. Si M. CharlesDupin , après grande dépense d’attendrissement, s’inscrit pour deux francs dans unesouscription en faveur des ouvriers sans travail, souscription dont, par parenthèse,Jamais aucun ouvrier ne voit un centime, l’artiste rancunier composera deux sous.Dors de la déplorable affaire d’Armand Carre!, une feuille disait : la balle traversaté péritoine. Un compositeur ignorant met le père Antoine. Le soir, grande rumeurau café. Ce diable de père Antoine montait toutes les imaginations. Beaucoup soute-Uaient qu’il y avait erreur : « Le père Antoine! s’écria un important, je le con-çois; c’est un de mes amis, un excellent homme; très-certainement il se trouvait» La discussion s’échauffa, et peu s’en fallut qu’un nouveau duel ne vint s’ajoutera l’horreur du premier.
Les inattentions du compositeur n’amènent pas toujours des résultats aussi désa-gréables. C’est à une faute typographique que Ton doit le plus beau vers de Mal-herbe. Dans son ode sur la mort de Rosette Duperrier, le poète avait mis •
Et Rosette a vécu ce que vivent les roses, etc.
oublia de barrer les t , le compositeur les prit pour des l et écrivit Roselle. A la