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Tome second.
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LE C0MP0S1ÏELR TYPOGRAPHE.

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et cette fanfare du piston ne semble-t-elle pas un incessant appel d'amour, un signalde délire et de transport?

II est une variété de compositeurs dont les mœurs sont tout a fait différentes :■niniobiles comme des termes devant leurs casses, ils éloignent jusqu’à l’ombre de ladissipation ; ils vivent de peu ; et leur ardeur pour la besogne leur a fait donner le"ont d 'ogres par leurs confrères, qui les méprisent. Ils font en sorte d’obtenir desplaces avantageuses, telles que celles de metteurs en page, boni mes de conscience,correcteurs, protcs, etc. Au bout d’un certain temps, si a leurs épargnes ils peuventa Jouter quelque petit héritage, ils achètent un brevet, deviennent maîtres impri-meurs, et prennent un ton arrogant vis-'a-vis de leurs anciens camarades. Ceux qui•i ont pas de quoi acheter un brevet, organisent un atelier de composilion et se cou-Vr ent du nom d’un imprimeur breveté. On les appelle Imprimeurs-marrons. Ilsfont le plus grand tort à la profession, parce que, pour attirer à eux les éditeurs etles ouvrages, ils travaillent à bien meilleur compte, et en conséquence sont obligésde réduire les salaires,-spéculant ainsi, par une espèce de pacte de famine, sur la mi-sère de l’ouvrier, qu’ils mettent dans l’alternative de manquer de besogne ou detravailler à vil prix. C’est de leurs officines que sortent, à la honte générale , ceséditions où les fautes pullulent et grouillent comme une vermine, ces textes hideuxel mutilés qui dégoûtent le lecteur, et qui mécontentent l’œil même de leur père.

La variété ci-dessus ne compte qu’une très-petite fraction d’individus; les autrescompositeurs se fourvoient dans des voies diverses. La typographie est l’antichambrede la littérature. A force de reproduire les ouvrages d’autrui, quelques-uns s’avisentd en composer eux-mêmes de semblables et d’enjamber la barrière qui les sépare desa uteurs. C’est en copiant de la musique que Jean-Jacques devint musicien ; c’est enfranscrivant des pièces de théâtres que M. Alexandre Dumas s’est fait dramaturge ,e t s’est mis dans le cas de ne plus exercer son premier métier qu’en faveur des princeset des princesses. Si beaucoup de compositeurs font des articles pour de petits jour-na ux qui ne les paient pas, si d’autres ne parviennent à débuter ou à se faire jouerfiu’a Bobino et au théâtre Lazary, s’ils encombrent de leur suffisante et prétentieuseMédiocrité les avenues inférieures de la littérature, quelques-uns, véritables hommesde talent, parviennent au travers de mille obstacles à conquérir une réputation mé-fiée. Sans remonter aux époques antérieures qui nous offriraient des exempleshonorables, un grand nombre de nos illustrations artistiques et littéraires appar-,le nnent aux compositeurs. C’est de leur sein qu’est sorti le roi de la chanson, ledivin Béranger. Le compositeur use sa vie à espérer; il est toujours ’a la veille d’é-clianger sa poétique misère contre une position éclatante; cependant ses habits l'a-bandonnent à la longue comme des amis infidèles, et ses bottes finissent par se crever.f- e ux qui n’ont pas l’esprit ou la chance d’arriver à quelque chose perdent leur fol

es poir , s’encroûtent, se pétrifient, roulent d’imprimeries en imprimeries, et viventMisérables, jusqu’à ce qu’ils entrent tout courbés sous la porte hospitalière de Bicc-,re > asile des vieillards indigents.

Le rideau vient de tomber, notre héros a quitté la scène. Il s’est bravement mon-dans les divers rôles du drame ou plutôt de la comédie qu’il joue en ce monde.