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cites de chaleur moyennant lesquelles on peut procurer a des chevaux en conditionla température la plus convenable; la sellerie, véritable musée équestre; les re-mises, immenses magasins où se trouvent réunis tous les chefs-d’œuvre de la car-rosserie britannique. Pour tout cela, le sportsman éprouve un sentiment vif et pro-fond qui participe de l’amour qu’un jeune homme ressent pour sa première maîtresse,et de la passion qui pousse un avare à mourir de faim sur un monceau d’or.
Terminons ce tableau de genre par une anecdote dans laquelle nous avons joué uncertain rôle, et qui nous semble vérilier ce que nous avons avancé de rattachement9ue le sportsman a pour ses chevaux.
Il y a un an a peu près je suivis une chasse assez brillante. Le cerf , lancé dansI e ® bois de Versailles, alla se faire prendre auprès de Rambouillet ; nous eûmes septheures de chasse, et je revins de l’hallali avec notre sportsman , lui a pied , tenants on cheval par la bride, moi monté ; car ayant un cheval de louage, et je le dis mo-destement, je mesentaisfortpeudisposé’a épargner la fatigue de mon poids à cette vé-uale créature. Après une heure de marche par une pluie battante, nous arrivâmes àla porte d’une auberge où je laissai mon cheval entre les mains d’un garçon d’écu-tlc ; et comme nous mourions de faim, je me chargeai de commander le dîner quifut servi au bout d’une demi-heure. J’envoyai prévenir mon compagnon, que j’avaislaissé pfde, exténué, harassé, bouchonnant son cheval avec un air de sollicitudeexquise et d’agitation fébrile ou frénétique. Comme après un quart d’heure d’attente1,10,1 compagnon n’arrivait pas, et que je le savais d’ailleurs fort absolu dans ses ré-solutions , je me mis a table , je dînai bravement, et après un dessert un peu moinsHue modeste je m’endormis dans mon fauteuil. J’ignore combien de temps duramon sommeil; mais il dut être assez long, caria chandelle qui m’éclairait était ré-duite au tiers de sa longueur primitive quand je fus réveillé par mon ami, qui en-tr ait avec fracas dans la chambre. Sa marche était alerte, sa ligure était rayonnantede satisfaction ; il me prit les mains avec un air d’expansion surprenante en me di-sant : « Mon ami, mon bon ami !... (j’étais encore hébété par le sommeil et stupéfaitPar cet accès inaccoutumé d’affection cordiale) Coroner a mangé l'avoine, » dit-ilav ec une voix chevrotante et en me regardant d’un œil humide.
A présent nous devons a nos lecteurs le portrait d’un de ces innombrables satellites1 u t gravitent autour de notre planète, en s’efforçant de mériter et d’obtenir le titrebrillant de sportsman. Quel abîme entre les copies et le modèle! La lumière de Plié-es diffère encore moins de celle de la pâle Phébé, comme disaient les poètes de l’em-P*re. Quoi qu’il en soit, et malgré les scrupules de notre conscience, nous allons° S( Iuisser notre héros secondaire, a qui nous appliquerons ce que Voltaire disait destraductions qu’il appelait des revers de tapisseries. Le sportsman amateur est presquel°ujours pourvu de soixante à quatre-vingt mille livres de rentes;, il est de noblefamille; vous l’avez vu passer, et vous avez pu remarquer la considération , l’es-hme et la haute approbation dont il a l’air pénétré pour toute sa personne. Jusqu’àv mgt-deux ans, il a vécu avec un cabriolet des plus simples et un cheval de selle,mangeant niaisement son pécule avec des actrices; mais , le beau jour où il a acquisu, m preuve irrécusable de l’infidélité de son infante, il s’est fait à peu près les ré-