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LE SPORTSMAN PARISIEN.
flexions suivantes : « Depuis deux ans je vis connue un bourgeois, un croquant ; jene fréquente que des femmes indignes de moi ( traduisez : qui se moquent de moi ) ;décidément je me réforme. Je veux me voir cité dans tout Paris de la manière laplus honorable : aimer les chevaux est tout a fait une passion de grand seigneur, etj’ai toujours senti que j’étais né pour être sportsman. »
Huit jours après avoir fait ces réflexions, notre jeune homme a pris un maîtred’anglais , et il s’est formé une sorte de dialecte b lui, une langue tout a fait hippiatri-que; il applique a toutes les petites femmes le nom de ponelte; il parle du poitrailde madame Z, et de la crinière de mademoiselle R, tout comme s’il parlait deMiss-Annette. Ce peu de temps lui a suffi pour s’impatroniser chez les marchandsde chevaux, et de plus il est devenu un adepte forcené de la religion du pursang. 11 trône en potentat dans les écuries de Crémieux ou de Bénédict; la, Nadopte, il accueille, il accepte sérieusement les éloges que lui adressent les ma-quignons sur ses connaissances hippiatriques. 11 pense souvent b la reconnais-sance que doit lui inspirer la manière dont il encourage et fait prospérer le com-merce des chevaux. C’est lui qui a répondu a un de ses amis qui lui faisait re-marquer combien son dernier cheval était poussif : Ceci n’est pas possible, *** ‘ atrop de considération pour moi. Le voila donc improvisé connaisseur; et mettanttout son plaisir a vendre, acheter et brocanter ; b ne conserver jamais pendant plusd’un mois le même cheval, parvenant toujours a faire reprendre pour vingt-cinqlouis l’excellent coursier qui lui a coûté 5,000 francs. Malgré toutes ses mésaven-tures, il n’en dit pas moins incessamment qu’il est en possession du premier trotteurde Paris ; il vous dira que c’est un cheval de chasse qui peut sauter six pieds.. • D®la ligure un peu chevaleresque du vrai sportsman il a fait un je ne sais quoi de bur-lesque et d’exhilarant qui révèle toute l’impuissance de l’homme a changer sa natureet a masquer son caractère. Ainsi, qu’on lui propose un pari sorlabié, vous le verre*réfléchir avec une profondeur digne de Descartes et de Galilée , refuser décidément,et pour accepter ensuite les chances d’une autre gageure extravagante. C’est ainsiqu’il parodie cette sagacité instinctive qui distingue le véritable sportsman. Autretravers : frappé du stoïcisme avec lequel celui-ci raconte ses désastres, frappé surtoutde la profonde impression qu’il produit sur ses auditeurs, il cherche à rivaliser d ecatastrophes et d’impassibilité laconique avec son modèle et son rival. Il ne vousparlera jamais d’une chasse ou d’une course dans laquelle il n’ait pas éprouvé pl°'sieurs malencontres, et tout son corps devrait en être couvert de cicatrices. Mais à forcede malheurs il a rendu la compassion tou ta fait impossible,et ses amis lui disent alors •« Allons donc, marquis, allons donc !... » 11 a vidé jusqu’à la lie la coupe de l’infor-tune, car au jockey-club la mauvaise réputation de son écurie est tellement étabh equ’aucun homme expérimenté ne voudrait parier pour un des chevaux du marquaisans exiger 4 0 contre! ; il n’a jamais gagné qu’une seule course, et c’était un jour onson cheval se trouvait sans concurrents. Tout le monde sait l’unique encouragement
‘ ^ous prions le lecteur de suppléer à notre réticence en remplaçant nos trois étoiles par le nom
du i ,er '
nier maquignon qui l’aura ce qui s’appelle enrosse. 11 n’aura que rembarras du choii.