LE SPORTSMAN PARISIEN.
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qu’il ait reçu dans un gentlemen rider s dont il s’était ingénié de faire partie. Il étaitrayonnant, sublime, au départ; jamais pareil jockey n’avait relui sous le soleil ; à la•in du premier tour, en repassant devant les tribunes, un honnête spectateur levoyant distancé, et se trouvant saisi de compassion pour son pauvre cheval qu’ilr oulail avec rage, lui cria en manière d’applaudissement: « Ne vous pressez doncPas, monsieur, vous avez bien le temps. » Comme on peut le présumer, notres portsman arriva le dernier, quoique son cheval fût un des premiers coureurs destrois royaumes.
Personne n’ignore la manière dont il a perdu son petit jockey Bill ; mais ayant ététémoin de l’événement, on trouvera bon que je le raconte avec plus de véracité queue l’ont fait les journaux du palais et le Moniteur des /fal/es.J’étais allé par un beau®atin printanier chez le marquis de C. Je le trouvai en proie au plus furieux accèsde misanthropie. Je m’informai avec anxiété de la cause de cette affection mélan-colique. Tu sais bien, me dit-il, Alar-Gull, ce superbe cheval bai-brun que tout lemonde m’envie, et que j’avais engagé pour courir demain au Ghamp-de-Mars ; tu saisbien aussi avec quel soin je le faisais entraîner et comme il est admirablement Incondition ? et bien, mon cher, je suis obligé de renoncer au prix, mon jockey vientde crever comme un mousquet! Comme je tenais a Bill, le roi des jockeys, suivantmoi, et que je conservais l’espérance de faire diminuer son excédent de poids quio’élait que de dix livres et demie, j’ai d’abord commencé par le faire purger trois ouquatre jours de suite, et puis je l’ai tenu pendant trois semaines emmaillotté danssept ou huit couvertures de laine, en lui faisant boire une demi-pinte d’eau-de-viePar jour; j’employai tous les sudorifiques connus, et je crois que j’en inventaimême; Bill, qui jusqu’ici avait supporté merveilleusement bien toutes ces choses-la,
u’a pu résister pour cette fois-ci. Notre héros se leva brusquement, et se
Promenant à grands pas dans sa chambre gothique (la chambre a coucher d’un élé-gant sportsman est toujours du style le plus gothique),il reprit bientôt : Je n’avaisPourtant rien négligé, pour qü’il ne diminuât que d’une demi-livre par jour, ce quifaisait mon affaire, et n’était pas trop exiger; car enfin, j’avais expérimenté laprodigieuse bonté de sa constitution et je ne craignais pas que ce régime le rendîtmalade ; mais il faut que le drôle ait avalé la tranche de mouton rôti qu’on lui pré-sentait chaque matin, et dont il ne devait que sucer le jus, suivant nos conventions:e’est sa gloutonnerie qui l’aura tué, et toujours est-il qu’il est mort d’indigestion, 'aCe que je suppose. — Je ne pus m’empêcher d’excuser ce malheureux garçon.—Voila bien la philanthropie malentendue, reprit le marquis, périssent mille fois tousle s Bills, tous les jockeys français et anglais , pourvu qu’ils fassent gagner noschevaux , à nous autres vrais sportsmen ! nous ferons des pensions à leurs familles,s’ils en ont? Notre héros était beau d’exaltation en ce moment; il avait grandi deSlx pieds! Bill était mort et notre sportsman avait constitué une pension de 700francs à sa grand’mère , a qui l’on eut de la peine a faire comprendre que Bill étaits °n petit-fils, car elle ne le connaissait que sous le nom de François Guillard.
One autre fois je le trouvai qui lisait une gazette anglaise et qui ruminait sur laNouvelle suivante : « lin vicaire du comté de Sussex avait égorgé le curé de sa