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LE CORRESPON DAN T DRAMATISEE.
Il est donc très-avantageux pour le correspoiulanl de traiter avec des galettes ' sembla-bles, qui, sans cesse a l’affût de nouveaux engagements, sont obligées d’avoir recours ason entremise.
Cependant il vient un moment où l'acteur de l’espèce de ces derniers ne peut pluscontinuer son système d’opérations, lequel consiste, comme vous savez, à voler tou-jours a de nouvelles chutes. Lorsqu’il ne reste plus un seul endroit où il n’ait été sifflé-hué, conspué; lorsqu’après avoir changé cent fois de nom, il est sûr d’être reconnu,quel que soit le pseudonyme dont il s’affuble; en un mol, et suivant l’expression con-sacrée, lorsqu’il est complètement brûlé auprès des directeurs et des correspondants,alors le tombeur, ne pouvant plus tomber nulle part, se voit forcé de renoncer auxvoyages, et s’estime trop heureux de trouver dans un petit théâtre une place de souffleurou de figurant. Quelquefois il embauche un certain nombre d’artistes d’un talent égalau sien, et va donner des représentations dans les environs de Paris . Il lui arrive ausside porter dans les ateliers de peinture, d’architecture_des lettres ainsi conçues :
« Messieurs,
« Connue artiste dramatique arrivant de province et me trouvant sans engagement, üm’est bien doux d’espérer que vous m’accorderez une séance d’une demi-heure poui'vous réciter mes tirades d’Orosmane, Tancrède, Ruridan, Oreste, Néron ou de tordautre rôle.
« Etant assez sûr de mes moyens pour avoir la persuasion de vous plaire, j’ose n>eflatter que vous voudrez bien m’entendre avec l’agrément de vos chers professeurs-
« Ex-artiste du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg et duConservatoire en 18.., et élève de feu M. Talma.»
Le tombeur finit ordinairement sans mentir à sa vie : il se jette du haut des toursNotre-Dame ou de la colonne Vendôme . C’est la dernière et la plus complète de seschutes.
Dans la journée, le correspondant est assailli par des visiteurs qui ne sont pas tou-jours très-divertissants. En voici un qui se présente : c’est un grand jeune homme assezjoli garçon et dont la mise ne manque pas d’une certaine élégance. Seulement sonlinge accuse un blanchissage peu récent.
— Est-ce a M. ***, correspondant dramatique, que j’ai l’honneur de parler?
— Oui, monsieur. Qu’y a-t-il pour votre service?
— Monsieur, je joue les ténors et je désirerais trouver un engagement.
— Fort bien, monsieur. A quel théâtre avez-vous appartenu?
— Oh ! ma foi, a aucun. Je n’ai même jamais joué. Mais possédant une fort jolie
' (ialette, mauvais aeteui.