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Tome second.
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LE COKIlliSPONDANT DRAMATIQUE. 501

'oix.... Ici le jeune homme pose subitement son chapeau sur une chaise et se mela entonner d’une voix de Stentor : « O Mathilde... »

— Pardon, je ne doute pas de la beauté de votre voix ; mais pour chanter les té-*>ors, encore faut-il quelques notions de l’art dramatique.

— Oui, c’est ce qu’on m’a dit. Pourtant ça ne m’inquiète pas : j’espère bien, unefois engagé, perfectionner mon jeu. Souffrez que je continue : «O Mathilde, idole... »

— Je suis désolé de vous interrompre, mais il m’est impossible de vous jugerde cette manière; il faudrait vous voir jouer une scène entière pour comprendreoe que vous savez faire. Tâchez de trouver quelqu’un qui puisse vous donner unefeplique, et alors j’irai vous entendre. Je m’en ferai un vrai plaisir.

— Comment! c’est aussi difficile que ça? Je croyais que vous alliez m’engagerimmédiatement. S’il en est ainsi, j’attendrai... je verrai... C’est étonnant tout demôme quand on donne le si d’en haut! Tenez, monsieur, si, si... J’ai l’honneurde vous saluer. « O Mathilde idole de mon âme !... »

A cet original succède un individu qu’on reconnaît de suite pour un comédiende province. Sa redingote, ornée de larges revers et d’une foule de brandebourgs,offre un contraste assez plaisant avec un pantalon jadis blanc et un vieux feutregris qui paraît être en équilibre perpétuel sur le chef de son propriétaire.

« Bonjour, monsieur ***.

— Bonjour, mon fils.

— Vous n’avez rien de nouveau pour moi !

— Non, mon garçon, non. Si tu chantais, avec l’habitude de la scène que tu as,Parbleu ! il y a longtemps que je t’aurais casé.

— Que voulez-vous! chacun son genre. Dire que j’ai joué les premiers rôles à

Strasbourg !... ( Soupirant. ) Ah ! j’ai eu bien de l’agrément dans cette ville ! ,

— Je te l’ai déjà dit, la comédie ne va pas du tout maintenant : je ne fais que del’opéra et de l’opéra-comique. Du chant, du chant, et toujours du chant! voila le crides directeurs. Le public ne veut pas autre chose. C’est une rage, une fureur! MaisÇa ne peut pas durer éternellement ; on se fatiguera de musique et on reviendra audrame et a la comédie. Alors je penserai à toi.

— Sapristi ! vous me ferez bien plaisir. Je n’oublierai jamais qu’à Strasbourg ...

— El ton petit bonhomme, comment va-t-il?

— 11 se porte comme un roi. A propos, savez-vous que ma femme est accouchéede son deuxième? Ces enfants, ça vient, ça vient au moment où l’on est déjà asseze mbarrassé pour soi. Dites donc, c’est ma femme qui a été joliment goûtée a Stras-ùourg!... Mais nous voilà tous les deux sur le pavé! C’est assommant, ma parole d’hon-Heur! Tâchez donc de nous trouver quelque chose : je ne demande pas mille écusPar mois; tenez, pourvu que nous ayons de quoi boulotter tout doucement, je seraic °ntent. J’aurais pourtant le droit d’être plus exigeant. Quand on a joué les premiersr ôles à Strasbourg ...

— Parbleu! je le sais fort bien que tu as joué les premiers rôles à Strasbourg ,Puisque ton engagement a été fait par moi. Mais sois tranquille, je le soignerai,...*" peux en être sûr.