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Tome second.
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LE COI! li K S PONDANT DRAMATIQUE.

D’ordinaire il esl. lion enfant dans toute l’acception du mot, et mérite à bon droitle nom d’ami des artistes. Il a constamment a leur service quelques-unes de ces bonnesparoles parties du cœur, et, ce qui est plus positif, quelques pièces de cent sous àleur ■prêter dans les cas pressants. Ils devraient donc lui garder de la reconnaissance,niais il n’en est pas toujours ainsi. Il fautentendre certains comédiens (tristes victimesde l'in justice du public) déblatérer sur le compte de ce pauvre correspondant ! Commeils l’habillent, grand Dieu! A les en croire, il n’est pas de juif , d’usurier qui soientplus rapaces que lui! La chute d’un homme de talent, le succès d’un croûton 1 , ilslui mettent tout sur le dos! Et puis ces messieurs se plaignent d’avoir du bonheurdevant la rampe et du malheur devant le correspondant : c’est-à-dire que, par une fa-•alité inconcevable, chaque fois qu’il est venu les voir jouer, ils n’ont pas eu leursuccès accoutumé, ils n’ont pas brillé de tout leur éclat : ce qui fait qu’ils ont étéestimés moins qu’ils ne valaient réellement, etc., etc.

Le correspondant tient de l'acteur par sa prédilection pour les étages élevés : il seloge d’habitude au troisième ou au quatrième au-dessus de l’entresol. La grandeurde son appartement varie suivant le nombre des personnes qui composent sa famille,mais les deux plus belles pièces sont toujours consacrées aux besoins de sa profession.L’une (celle qui est la plus vaste) lui sert de salon d’attente, et l’autre de cabinet detravail. Celle-ci est meublée comme le sont les cabinets de rédacteurs, d’agents d’af-faires; seulement, on est sûr d’y trouver quelque scène de drame reproduite par lecrayon ou le pinceau, quelque portrait d’artiste célèbre, donné à son ami **■* corres-pondant, comme souvenir d’amitié. Assez souvent il occupe un commis à douzecents francs qui fait les écritures et le représente en son absence.

A l’époque du renouvellement de Tannée théâtrale, c’est-à-dire a l’approche dePâques , le salon d’attente du correspondant présente à l’observateur un coup d’œilassez piquant. On a peine à trouver place sur les chaises disposées le long des murs,•ant est grande l’affluence de comédiens des deux sexes. La première chose qui sauteaux yeux tout d’abord, c’est que les visages de la partie mâle de la société sont touscasés avec le plus grand soin : on n’aperçoit pas la moindre apparence de barbe, leplus petit vestige de moustache ou de favoris. Mais ceci est une des nécessités de l’état,d les disciples de Thalie et de Melpomêne doivent déposer en offrande sur l’autel res-pectif de ces déesses jusqu’au dernier poil de leurs barbes. L’encre de Chine et la sé-l'ia leur offrent d’ailleurs une utile ressource.

Nous remarquerons ensuite qu’avec un peu de tact il est facile d’assigner à chacunl’emploi qu’il occupe au théâtre. Le jeune premier se distingue par son habit à lafrançaise, ses gants beurre-frais et sa frisure anacréontique; le premier rôle se pro-mène d’un air lier, drapé majestueusement dans son manteau (le premier rôle a*m faible pour le manteau); le comique, continuant à la ville le caractère qu’il a de-y ant la rampe, cherche par ses lazzis à provoquer le rire de l’assemblée ; le ténor léger,Pirouettant lourdement sur lui-même, se décèle par sa rotondité et le nombre deligues qui ornent ses doigts bouffis; la prima donna roucoule d’une manière plus ou

Croûton, synonyme de galette.