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Tome second.
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3M LE MAQUIGNON.

lant de vigueur et de feu à celle tête molle et inerte, que vous finissez, bon gré, malgré , par être ébloui, enchanté, et que vous payez a beaux deniers comptants le des-cendant presque certain d’Eclipse et de miss Annette. Inutile de dire que l’illustrerejeton est souvent bon tout au plus à conduire des choux au marché des Innocents.

Il y a deux classes de maquignons qui ne se ressemblent nullement, excepté parce point commun, a savoir l’adresse inappréciable de faire voir à tout le mondequ’un cheval bai est gris-pommelé, et que des chevaux flamands sont des pur-sanganglais. C’est d'abord le maquignon marchand de chevaux , c’esl-'a-dire tenant ma-nufacture et entrepôt de coursiers plus ou moins de selle et de trait, puis le maqui-gnon brocanteur.

Uc marchand de chevaux est facile à reconnaître. C’est un type tout à fait tranchéet sortant des types vulgaires. Le plus souvent il possède un riche embonpoint, unelarge figure rubiconde légèrement rembrunie à l’extrémité du nez , ce qui laisseraitsupposer qu’il ne se sert guère d’eau que pour se faire la barbe, une figure ouverte etbonhomme, des manières brusques et cavalières, mais des yeux d’une obliquité per-lide et d’une finesse interrogatrice dont il faut profondément se défier. Il porte in-variablement une redingote de couleur claire qui produit sur ses quadrupèdes lemême effet magnétique que la redingote grise du grand homme sur les vieux gro-gnards : sa tête est surmontée d’un chapeau très-râpé et d’une forme antédiluviennequi lui sert à la fois de préservatif contre les injures de l’air, et de tambour pourexciter ses chevaux. Il est en outre orné en toute occasion d’un fouet formidable,sceptre respecté avec lequel il gouverne son empire piaffant et hennissant. Ce meubleindispensable ne le quitte jamais : il mange, il boit, il se promène, il s’assied, il dort,son fouet à la main : il y a entre son fouet et lui une adhérence que rien ne saurai 1briser. Otez-Iui son fouet, et il perdra tous ses avantages. Son langage manquera del’accompagnement le plus nécessaire ; ses chevaux ne marcheront plus, ne caracolerontplus, ne feront plus toutes ces petites gentillesses qui vous séduisent; c’est un homffl cdémoralisé, ruiné, son état est perdu; il n’a plus qu’à mener ses bêtes au marché-Quand il entre dans l’écurie, un petit sifflement annonce sa présence, et alors il sefait un mouvement général et précis comme sur la ligne d’un bataillon. Toutes le 5croupes se rangent, s’alignent, les têtes se lèvent, les oreilles se dressent, les che-vaux sont magnifiques. Vous admirez, et vous ne savez quechoisir. Le marchand dechevaux le sait mieux que vous; il fait sortir un cheval dont il vous a montré la belletenue , et pendant qu’il vous entretient de l’utilité que vous pouvez en tirer, de sadocilité, de sa force, de son ardeur, de ses qualités universelles, on le brosse, on 1°peigne, on le lisse, on lui introduit sousla queue une cerlainequanlilé de gingembre,ce qui le jette dans une inquiélude continuelle, et lui donne une apparence de fe"et d’impatience. C’est alors qu’on va le faire trotter : ceci est un des grands arts dumaquignon ; car’a celte allure se révèlent ordinairement les défauts d’un cheval-Un gaillard élancé , et taillé hardiment, prend la bête par la bride et la tient serrersous la mâchoire, le maître fait claquer son fouet et lui pince fortement les flancs.Le cheval comprimé par une main ferme qui lui lève la tête, et pressé par la lanieu’qui lui caresse désagréablement les jambes, sautille, gambade, se cabre : sa peui,