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Tome second.
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L’A G 15 N T I) K LA RUE UE JERUSALEM.

l'our admettre un employé que pour choisir un préfet de police;du moins, faut-ilêtre plus habile et plus honnête homme. Le candidat à cette déplorable position estscrupuleusement examiné dans sa vie passée et présente, dans son intérieur, dans lesactes les plus minutieux de sa pénible existence; s’il a commis quelque délit, ilest refusé; s’il en commet durant l’exercice de ses fonctions, il est expulsé, chassé,honni. Dites donc encore après cela que le service de sûreté est fait seulement pardes coquins !

Au temps de Vidocq , il est vrai, d’anciens voleurs étaient chargés de se glisserparmi leurs compagnons, de les surveiller, les exciter même et les dénoncer ensuite.Maintenant rien de semblable. Trente-deux agents seulement sont préposés a la sur-veillance , a la sûreté publique. Ces hommes sont en général choisis parmi ces mal-heureux qui, n’ayant aucunes ressources, aucuns moyens d’existence, se voient dansla nécessité d’accepter une position plus qu’équivoque et dont ils rougissent presquetous. C’est une amélioration sans doute dans l’état moral de la police, mais c’estpeut-être un mal; car ces hommes qui n’ont point les habitudes du métier, quine connaissent pas les roueries du voleur, qui no peuvent le fréquenter, laissentplus facilement échapper les crimes que si, comme autrefois, ils savaient par leursrelations se mettre en rapport avec ces misérables, les suivre dans leurs exploits noc-turnes, s’introduire dans le sein de leurs sociétés, les espionner et les faire saisiravant la consommation du forfait. Du reste la police a bien compris l’impuissancede ces agents; aussi emploie-t-elle une autre sorte d’hommes qui ne lui sont pointattachés a proprement parler, mais qui remplissent les fonctions des anciens compa-gnons de Vidocq. Cette classe de mouches, composée de repris de justice, de voleursconnus, se met en rapport avec les agents de la police, et, bien qu’exerçant aussipour son compte, donne en sous-main des avis qui mènent souvent a la décou-verte des coupables. Ces hommes, on les appelle les cocjucurs, leur nombre est illi-mité; c’est en général chez des marchands de vins connus, dans les Romamichels(maisons de voleurs, terme d’argot), que se donnent leurs rendez-vous, et ils placenttoujours en avant une sentinelle qu’ils appellent l’indicateur, ou le gaffe.

Les agents se répandent dès le matin dans Paris . Les uns sont chargés , comme lecélèbre Gody, d’inspecter les lire-bogùes (les voleurs de montres dans les goussets ),et les écumeurs de boucards (les enfonceurs de boutique) ; pour cette surveillancedifficile l’agent se camoufle (se déguise), tantôt en blouse d’ouvrier, tantôt sous lefrac du dandy. Les traits de cette classe de voleurs lui sont connus, et il n’est point dejour où il n’y en ait quelqu’un de pommé marron (de pris en flagrant délit), malgréleurs travestissements. D’autres sont chargés, sous la conduite du chef desûreté,M. Allard, de la surveillance des crimes et de l’arrestation, toujours si dangereuse,de ceux qui ont fait la grande soûlasse (tué pour voler). Lorsqu’un homme estdésigné par les coqueurs pour avoir fait suer te chêne sur le grand trimard (assassinéun homme sur le grand chemin), le chef de la brigade de sûreté donne des ordres auxseize agents chargés de surveiller les garnis, et ceux-ci s’informent de la conduite dessuspects. On suit leurs pas, on cherche à savoir où ils ont passé la nuit du crime,et si les présomptions prennent de la consistance, on les arrête aussitôt et on les