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d’enirée gratuite dans les vingl-six théâtres de Paris . Je dis aller pour devenir membre.Coi Lieu! croit-on qu’il se borne à rester spectateur de la moindre comédie quelcon-que? il inange au râtelier du budget le foin des subventions théâtrales, quelquefoismême l’avoine des fonds secrets. Le vaisseau de l’état a des rameurs de tousles rangs;la chiourme est composée de gens habiles ; ne craignez rien pour eux : la Médusechavire, mais l’auteur dramatique, s’il n’est pas placé sur le radeau, surnage commeces bouteilles vides et bouchées que les marins jettent 'a la mer pour laisser une tracede leur passage. Le vaudeville bouton de rose qui lit les délices du consulat n’est-ilpas toujours à Ilot dans le calme plat de l'académie? il donne des prix de vertu , luiqui fut si digne de les recevoir ! Le titre d’auteur dramatique est d’ailleurs un brevetde longévité ; on se survit toujours quand on le porte ; il préserve de tous les miasmesméphitiques qui causent tant de ravages dans la population des grandes cités; il ales propriétés du vitiver et du chlore : pas un auteur dramatique n’est mort ducholéra ! car Moreau, feu Moreau, cet auteur de tant de vaudevilles oubliés, il 11 ’esttombé victime du fléau que comme conseiller d’état ; oui, feu Moreau, que la révo-lution de 1850 avait arraché aux flonflons, mort, à la fleur de son âge, conseillerd’état, vivrait encore s’il eût résisté aux embûches du pouvoir. Eût-il été dévoré deshannetons, jusqu’à sa croix d’honneur, dans sa tournée administrative, le grand ,l’aimable, l’enjoué Komieu , s’il fût resté auteur de son unique vaudeville? maisles insectes des départements sont très-friands de la chair des préfets, et je tremblepour M. Mazères! A proposée départements, l’auteur dramatique veut-il aller pro-mener sa gloire, lui faire changer d’air, ça ne peut pas nuire; voyez le commissairede police sourire bénévolement à celte réponse : auteur dramatique. — Il s’agit d’unpasse-port. — La profession d’homme de lettres lui eût valu quelques rebutades,quelques signes invisibles de suspicion pour le faire arrêter au prochain village.L’homme de lettres est sujet à caution ; mais la censure est la protectrice naturelle del’auteur dramatique ; grâce à elle n’est-il pas l’écrivain le plus politiquement ortho-doxe de tous les écrivains, l’amuseur le plus croustilleux de tousles amuseurs pu-blics?Maisle pauvre homme ne s’appartient plus, il fait partie du domaine public: ouvend son portrait, son buste, sa charge , il est b la foule, aux journalistes ; il n’aplus de refuge, et quand il passe , il se trouve quelque badaud tout vain de le con-naître, qui le signale à l’admiration publique. Mon Dieu ! que j’étais heureux etlier le jour où M. Paul Foucher , me prenant pour un autre, daigna me dire : Avez-vous vu mon beau-frère ? et ce beau-frère, savez-vous quel il est? ce beau-frère,c’est Victor Hugo , 1 'ex-enfant sublime, l’auteur de limj-Dlas ! rien que cela! Moiqui vous parle et qui n’ai pas l’honneur d'être membre de l’association des auteursdramatiques, j’ai parlé b M. Paul Foucher , le bel-oncle de tant de chefs-d’œuvre ! Jepourrais même vous le montrer au besoin. Je pourrais vous nommer les auteurs-acteurs, les auteurs-directeurs, qui se lisent leurs pièces b eux-mêmes, qui se les re-çoivent, qui se les jouent. Je pourrais aussi vous dire de quelle jambe boitent nosacadémiciens. Je pourrais encore vous peindre emblématiquement MM. Théaulon ,Mélesville, Guilbert de Pixerécourt , Ancelol, de Planard , d’Epagny et Bayard,chevalier sans peur. Mais il 11 e faut pas dire tout en un jour.