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Tome second.
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LA VIEILLE FILLE.

7 Ai

pèce tic vieille lille, est étrangère a tout ce que l'univers matériel et immatériel, lemonde de la pensée et celui du sentiment offrent de véritablement noble et sublime ;elle prouve la déplorable pujssance de certains principes, et montre a quel pointils peuvent enrayer l’intelligence et dessécher l’âme.

Il n’y a pas deux mois, qu’une de ces saintes créatures, l’orgueil du Marais, lapins infatigable fondatrice de chapelles, la meilleure pratique de la loueuse dechaises et la plus vigilante conservatrice des fines aubes de monsieur le curé, laplus assidue néophyte des retraites et des stations, en fournissait un nouvel exemple.Saisie tout à coup de la crainte de manquer son salut, elle s’enfuyait mystérieuse-ment de la maison paternelle, ne laissant pour adieu que ce billet au vieux pèredont elle était l’unique enfant, la seule joie, et qui l’avait mille fois conjurée de nejamais l’abandonner, si elle ne voulait le tuer a l’instant.

« Mon père,

« Sous peine de perdre mon âme, je ne devais plus tarder davantage a obéir 'a notreSeigneur Jésus qui, vous le savez, m’appelait depuis longtemps au glorieux titre deson épouse. Pardonnez donc à votre respectueuse lille , bénissez-la toujours, et croyezqu’elle ne cessera de prier pour vous dans ce monde et dans l’autre. »

Depuis six semaines ce père infortuné ne souffre plus, il est mort!... mort dansles convulsions d’une cruelle agonie! mort en redemandant vainement a la revoir,;i l’embrasser encore une fois; mort en faisant entendre avec son dernier soupir ledernier cri de sa tendresse, une dernière bénédiction pour l’enfant que son regardcherchait toujours.

Le type de vieille lille que le progrès burine le mieux, dont il est devenu la reli-gion, qui le suit jusque dans ses voies les plus avancées, n’appartient pas commu-nément aux natures qui se résignent, mais à celles qui se décident, a ces organisa-tions fortes, pour lesquelles une détermination prise est un arrêt dont elles ont calculéet savent subir toutes les conséquences, qui de bonne heure virent, jugèrent le monde,se connurent, apprécièrent leur position et sentirent qu’alin de ne pas toujoursmarcher de douloureuses déceptions en douloureuses déceptions, elles ne devaientdemander qu’a l’étude et aux arts, l’emploi de leurs belles facultés, et ne donnerqu’aux affections de famille, a la sainte amitié, tous les trésors de leur âme. Tropéclairées, trop justes pour ne pas faire une part convenable aux faiblesses et auxnécessités de positions, elles sont indulgentes et bonnes avec les femmes; sans lielet sans haine avec les hommes. Vivant de préférence dans l’atmosphère élevée del'art et de la liberté, enthousiastes du grand , du beau, du bon, comprenant tous lesdévouements, elles fournissent des modèles d’amitiés parfaites.

Entrées courageusement â visage découvert dans leur vie de vieille fille , elles seconsolent des vides du pâle et froid célibat par le sentiment de leur fière personnalitéqu’auraient souvent blessée, dans une alliance de pure convenance, les vices de laconstitution actuelle du mariage. Dès leur première époque, elles vont, viennentpartout,-appuyées sur leur seule force Toujours naturelles, franches, au-dessus des