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Tome second.
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!.!• DKFENSI-1 K OFTICIliliX.

Désespérant d’elrd oflicier ministériel, enhardi par les succès de quelques-uns de scsconfrères, un jour un clerc d'huissier adresse a son patron cl à son élude un adieuforcé ou volontaire. Il loue a Paris , ou dans un des villages circonvoisins, un logementau plus bas prix possible, garnit une pièce d’une table noire et de trois chaises, faitbarbouille]’ sur sa porte ce mot : Etude, se donne dans ses lettres cl sur ses cartes devisite le litre pompeux de jurisconsulte, et le voilà défenseur officieux en espérance.

Dès lors il passe dans les justices de paix le temps entier des audiences, s'immiscedans toutes les discussions particulières des plaideurs qui attendent l’appel de leuraffaire, donne son avis, propose ses services ; en Pin remue ciel et terre pour trouverune cause à défendre.

Le défenseur officieux est facile à reconnaître h sa voix mielleuse et insinuante, àson chef toujours couvert d’un chapeau qu’il a payé S francs. Il porte un habit dont lacouleur échappe à l'œil, mais qui le plus souvent a dû être noir, et sa main, garnied'un gant gris ou de (Moselle brune, caresse amoureusement un jabot fané et parseméd’étoiles jaunâtres qui attestent de la part de son propriétaire un fréquent usage îlelabac en poudre.

Son bras est en tous temps et en tous lieux chargé d’une énorme liasse de piècesde procédure, flanquée d’un gros Neuf Codes in-octavo. Ce sont ordinairement lesseuls papiers qui garnissent ses cartons et le seul livre dont se compose sa biblio-thèque. Il marche toujours vite et d’un air fort occupé. A le voir aussi sérieux au mi-lieu du fracas perpétuel de Paris , vous le prendriez pour un homme accablé d’affaires.Point du tout. Il est chargé de faire condamner un débiteur qui ne conteste pas lademande que lui intente son créancier. Il prépare à cet effet un superbe plaidoyerdont il ne se souviendra plus à l’audience, fait la recherche des articles de la loi surlesquels il doit se fonder, et pose ses conclusions d’un air victorieux. Puis, quand ilest arrivé à l’éternel : en conséquence requérons que le sieur... soit condamné... etc.,il passe sur son front un foulard à 24 sous, promène fièrement sa vue sur les pas-sants, et se récompense de ses efforts d’imagination en logeant dans ses parois nasalesune large pincée de labac.

Si les caprices atmosphériques, la chaleur et la longueur de la marche ne vousrebutent pas, suivcz-le, je vous prie, jusqu’au prétoire qui doit retentir des foudresde son éloquence, et là, vous pourrez bâiller à loisir, si, toutefois, vous ne haussezles épaules devant les petitesses et le dégoûtant égoïsme dont le tableau se déroule avos yeux ; car vous serez initié aux mystères d’une foule de misérables affairesdont il est déplorable de voir s’occuper des gens raisonnables. Puis vous enten-drez le défenseur officieux donner les preuves de la plus brillante faconde pendantau moins cinq minutes sans reprendre haleine et sans avaler la moindre cuilleréed’eau sucrée.

Il exerce habituellement son talent oratoire dans les salles d’audience des douzearrondissements de la capitale, ou dans celles des chefs-lieux de canton de la banlieue ;il préfère cependant ces dernières, où la simplicité des plaideurs offre à ses spécu-lations un appât plus facile et plus certain.

Dans le voisinage des tribunaux de paix se trouvent plusieurs cabarets ; c’est là que