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de cette mythologie. Balochard a élé déjà déifié au Palais-Royal, il a reçu l’apothéosedu vaudeville , il porte un bourgeron et des pantalons de grosse cavalerie, ses reinssont entourés d’une ceinture rouge, et sa tête est surmontée d’un feutre grisqui trahit les nombreuses mésaventures bachiques de son propriétaire. Il parti-cipe a la fois du Lepeintre aîné et du corsaire romantique, il fait le calembour del’empire et chante les vers échevelés de la restauration. Il réunit en lui la gaietéde deux époques ; il se moque de toutes les deux a la fois : c’est une double parodie !
Balochard représente surtout la gaieté du peuple; c’est l’ouvrier spirituel, insou-ciant, tapageur, qui trône a la barrière. C’est la racine cubique du gamin, et l’idéaldu Titi. Il fait de l’esprit comme on lire la savate. 11 se moque de tout, et principa-lement de ce qui est au-dessus de lui ; c’est un des plus illustres trognons de pommede l'Ambigu , une des plus célèbres reparties des bals masqués. Balochard aime ladive bouteille ; mais à la manière de Rabelais , plutôt pour se mettre en joie quepour se soûler. Balochard est aussi une racine; on dit balocher, comme on ditchicarder ; balocher a une signification très-étendue; c’est un verbe qui s’appliqueà la vie en général, c’est quelque chose de plus que flâner, c’est l’activité de la paresse,l’insouciance avec un petit verre dans la tête. Henri IV touche par certains côtés auBalochard, et le roi Réné le résume dans son acception la plus élevée. Sous la restau-ration, le Balochard n’existait pas, on ne connaissait que des troubadours; il a falluune révolution pour le produire. Balochard est né le 50 juillet \ 850, en môme tempsque le saint-simonisme et la clialmt.
Quant à Pétrin, nous avons eu tort de dire qu’il était dieu, c’est un symbole, il
résume tout, absorbe tout,matérialise tout : c’est laconfusion qui a pris une for-me, c’est le présent fait mas-que!
Ainsi donc, vous le voyez,tout s’enchaîne et se lie, lesentiment moral d’un sièclese rellcte partout. Chaquechose qui émane de la massea sa signification. Presque tou-jours ses divertissements ca-chent une satire, ses chants,une leçon, ses sympathies, unenseignement. Dans toutes cespersonnifications burlesquesque nous venons de décrire,ne voyez-vous pas tracée toutaulong l’histoire de notre scep-ticisme. Le carnaval de nosjours n’est plus un délasse-
v- Ji /!