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Tome second.
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LU cm GARD .

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de faire tableau. Une voix a crié d’éteindre les lustres ; il ne nous resterait plus qu’ànous esquiver si à un coup d’œil de Cliicard la musique n’éclatait de nouveau. Lefa des pistolets se mêle à l’ut des capsules, la cloche sonne, les violons crient, lescornets éclatent comme un feu d’artiûce. Le démon de la danse reprend tout à couple dessus, les mains cherchent les mains, soudain la danse recommence , mais cen’est plus une danse, c’est une éruption ; on se mêle, on se heurte , on tourbil-lonne; les uns valsent, les autres galopent, les autres font tout cela à la fois. Leschapeaux volent en l’air, les cheveux flottent, les ceintures tombent, c’est unemer en démence, un océan d’oripeaux , c’est une saturnale antique, une mysté-rieuse orgie de Templiers . L’orchestre roule comme le tonnerre sur ces flots soule-vés, et à chaque éclat de foudre musicale, la tempête recommence plus ardente,plus furieuse, plus échevelée, jusqu’à ce que la voix de Dieu se fasse entendre parl’intermédiaire du cadran, et dise à ces vagues indomptées : Vous n’irez pas plusloin.

Quelquefois au milieu de cette frénésie, les fichus s’en vont, les corsages craquent,les jupons se déchirent, malheur à celle qui voudrait s’arrêter en chemin pour ré-parer le désastre de sa toilette, l’impitoyable galop passerait sur elle comme unetrombe, et la foulerait aux pieds. Qui songe d’ailleurs à sa toilette dans un pareilmoment. Qu’importe ce que les périls de la danse pourront livrer aux regards, d’appasinattendus, de trésors cachés; un peu plus ou un peu moins de nudité ne fait rienà l’affaire ; d’ailleurs tous ces danseurs sont trop artistes pour s’en apercevoir, il n’ya guère que les gardes municipaux sur qui ces sortes de choses fassent encore quel-qu’impression, et tout garde municipal qui se présenterait aux Vendangesde Bour-gogne serait immédiatement conduit au violon. Laissez donc passer ces tailles que lelacet ne retient plus, ces bras dont nulle gaze ne cache les contours, on ne songeplus à toules ces bagatelles; demain seulement, toutes ces femmes si belles, sifraîches la veille, se demanderont d’où vient la pâleur de leur teint, la maigreurde leurs bras; elle chercheront à savoir ce qui a pu les vieillir ainsi en un instant,sans songer qu’elles se sont livrées pendant toute une nuit à ce minolaure modernequi s’appelle le galop cliicard.

Il faut un but à tous ces enthousiasmes, il faut une direction à toules ces ardeurs.Ce but, cette direction? c’est l’apothéose de Cliicard. Mille voix répètent àl’envi cette proposition de la reconnaissance. Le moment est venu de sacrifiervéritablement à la religion du plaisir, nobis deus hæc otia fecit. C’est un dieuqui leur a procuré ces doux loisirs, et ils savent que ce dieu s’appelle Cliicard.On se querelle, on se bat, on se renverse, c’est à qui aura l’honneur de contri-buer au triomphe de la divinité. Les femmes baisent le bout de sa tunique,d’autres cherchent à arracher une mèche de sa perruque, en voici qui jettent desfleurs devant ses pas comme aux panathénées de la Grèce . Le cortège est formé, bien-tôt il se déroule comme un serpent, Postillons de Lonjumeau, Alsaciennes , débar-deurs , marquises plus ou moins Pompadour , bergères, gardes françaises,croque-morts, Andalouses, défilent devant le dieu au bruit d’un orchestre qui necompte plus que des cuivres et des tambours. Toutes les poitrines hurlent le même