Band 
Tome second.
Seite
374
JPEG-Download
 

LE CHICARD.

57-i

refrain. Jupiter seul est impassible. L’orgie a passé sur lui sans l’atteindre, car il estle carnaval personnifié, drapé dans ses guenilles divines , il reçoit l’encens sans enêtre enivré ; quelquefois même il daigne se manifester aux simples mortels ; il faitune gambade, et c’est pour enrichir sa danse favorite d’une nouvelle figure ; il parle,et le vocabulaire rabelaisien compte un bon mot de plus.

^.t'A

mm

Irnmm

A®

b.

t- m

Mais avant que Jupiter ait disparu, laisserons-nous passer sans le saluer encoreune fois ce casque si attendrissant, si élégiaque, de Marty? L’homme qui portaitcette coiffure existe encore. Parfois ou le voit errer comme l’ombre du malheurdans les corridors les plus élevés du théâtre de la Gaîté ou de l’Ambigu . Deshautes régions du poulailler, il jette un coup d’œil dédaigneux sur les folles con-torsions du drame moderne, qui arrachent à peine ça et la quelques larmes fur-tives à l’auditoire ; il se rappelle ces temps glorieux du Solitaire, pendant les-quels les queues n’étaient pas inventées, mais où l’on refusait beaucoup de billetsau bureau. Alors brune était encore sa chevelure, et lançaient des éclairs ses yeux ;comme un tonnerre retentissait sa voix, comme une avalanche résonnaient ses passous les voûtes du monastère. Ilélas ! comment ont Oui ces beaux jours, Elodie lavierge du couvent, Élodie la colombe des ruines, Élodie l’ange d’Unterwald estdevenue portière, et le casque de son amant ombrage le front de Chicard? Cepen-dant Marty est fier, et il a raison de l’être, car jamais gloire ne fut plus pure que