LE CANAllD.
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Voyant venir le jury,Dit : n, i, ni, c’est fini.
Lors d’une voix lamentable,
Du jury le président,
Les questions déroulant,
Dit : «Oui, ils sont tous coupables,Sauf t'aul Guerard et Calmel,Bicherel et fille Hardcl.»
Et sur ce la Cour royale,Sentence prenant d’abord,Condamne Soufflard à mort ;Lesage, le misérable,
Subira pareillementLe supplice le plus grand.
Vollard, la femme, complice,
De dix années de travauxSupportera tous les maux,Et avec elle Maurice
Micaud, l’exposition,
Plus huit ans de réclusion.
Levieil, ses vingt ans au bagne,Lorsqu’on l’aura exposé,
Ira subir ; LemeunierSept ans de réclusion gagne ;Alliette en a pour six ansEt Marchai moins un autant.
Fait plaisir aux assistants,Ils s écoulent lentement;Disant« 1 )e ces misérablesLa dure condamnation
Ce jugement équitable
Pendant qu’on faisait lectureDu châtiment, les ribauds
A coup sûr tombe d’aplomb, t
Portaient la tête très-haut,Et leur méchante figureNe trahissait nullementUn signe d’étonnement ;
Ils ont tué ou volé
Car dedans leur cœur infâmeLe crime est enraciné :
Hommes, enfans, fille et femme,Voilà même un remplaçant
Dont Soufflard a pris l’argent.
Supposez, pour un instant, que Soufflard et Lesage eussent été acquittés :
Le libraire n’achetait pas a sa femme un magnifique cachemire fond bleu ; a sons > un cheval bai-brun ;
Mon ami était écroué au château de la rue de Clichy.
A quelque chose malheur est bon.Mais achevons notre histoire.
•utile exemplaires de la complainte.
On retire a dix mille pour la banlieue.La banlieue les dévore jusqu’au dernier.
Les jours suivants, on inonde la province.
Dans l’intervalle, Soufflard s’empoisonne. Bonne fortune pour l’éditeur, l'auteur,' imprimeur, le marchand de papier, les canards et tous les autres.
On lire encore quelques milliers d’exemplaires, et sous prétexte d’annoncer auPublic le tragique événement de la prison , l’imaginative du complaintaire enfante0,1 nouveau couplet.
Soufflard, dans son humeur folle,A peine sous les verrous,S’infiltre à travers le couD’arsenic une fiole.
Il expire.... quel abus !
Et Soufflard ne souflle plus.
Tout cela peut être très-spirituel, mais a coup sûr c’est de l’esprit mal employé.