LE FLANEUR.
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s |wbille, du reste, connue tout le monde et marche comme vous et moi, si ce11 est lu’il trébuche beaucoup plus souvent, bien qu’il chemine plus lentement etP a sse pour y voir beaucoup mieux. D’aucuns, des hypocrites, des flâneurs déguisésPrétendent que les individus que nous essayons de décrire doivent nécessairementJV01 r, aux yeux de l’observateur, des traits caractéristiques qui échappent au vuls a, re. ii s vous diront qu’en les examinant attentivement, vous découvrirez une li-asse moqueuse dans leur sourire imperceptible et une prodigieuse perspicacité dansurs regards. Ils vous diront... Que sais-je? qu’il y a dans tel air de tête, dans telP'* du visage, la révélation d’une supériorité intellectuelle quelconque ; ici la profon-Ur de la pensée, la puissance de la logique, la perception des rapports éloignés; là,° s Prit d’analyse rapide et subtile. — Hallucinations de la science, alchimie poé-tl( iue à l’usage des imaginations romanesques. — Déliez-vous de cette manie im-portée du roman dans lavieréelle. llsont beau dire, ces songe-creux de la physiologie,esprit ne déteint pas sur le faciès humain; je connais des hommes doués d’éminentesac ultés, qui sourient d’une façon stupide, et j’ai vu des gens atteints et convaincus decre tinisme moral, dont le regard étincelait d’intelligence.
be flâneur est un être essentiellement complexe, il n’a pas de goût particulier, ila tous les goûts ; il comprend tout, il est susceptible d’éprouver toutes les passions ,ex Plique tous les travers et a toujours une excuse prête pour toutes les faiblesses.^ est une nature nécessairement malléable, une organisation d’artiste. Aussi aime-"d les arts, comme un roi constitutionnel. Il est dilettante, peintre, poète, anli-l | u aire, bibliophile; il déguste en connaisseur un opéra de Mayerber, un tableauj togres, une ode de Hugo ; il flaire l’Elzévir, hante les baladins et court sus à lagrisette.a des admirations pour mademoiselle Rachel et des tendresses pour Odry. Vous lecncontrez partout, dans les promenades, aux Bouffes, aux concerts, au sermon, aux^""ambules, dans les salons, à la guinguette, au boulevard de Garni et dans la ruee la Grande-Truanderie. 11 pose devant les carreaux de Susse , stationne tour à tourau Pied de Notre-Dame et près de l’étalage d’un bouquiniste. 11 est curieux , presque"'discret, c’est un homme que l’amour de la science peut pousser jusqu’à la cruauté,flui prendra quelquefois, pour sujet de ses expériences, le cœur même de son amie Plus intime.
^e flâneur est comme toutes les belles choses, comme les jolies femmes, il n’a pasa ge... h existe depuis vingt-cinq ans jusqu’à soixante, aussi longtemps que l’hommel° u it pleinement de ses facultés intellectuelles et locomotives. Le flâneur, ayant be-S01 “ de ses jambes autant que de son esprit, quand les premières lui font défaut,P as se à l’état d’observateur: c’est alors une autre existence, une autre condition; sa’ a ture se dédouble et s’affaiblit; c’est le commencement de la fin.
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appartient au flâneur par droit de conquête et par droit de naissance.
l'aque jour il le parcourt dans tous les sens, en scrute les profondeurs et marque,
s sa mémoire, les recoins les plus obscurs. Il voit tout par lui-même, et promène