I.IÎS MENDIANTS.
Heureux Balzac, que je te porte envie!...Elle lisait ta F ii m m e comme il faut.
Et je pensai : « — Lorsque ma sombre rime ,Jaune de boue et de noms chassieux ,
Lorsque mon vers , dur et nu comme un crimeApparaîtra demain à ces beaux yeux ;
Tout effarés , au fond de la paupière,
Pour ne pas voir ils se réfugîront ! ..
Le mendiant qui grogne sur sa pierre ,
Sans joie au cœur, sans rêve dans le front,Comprendra seul l’hymne que j’ose écrire ;
Seul, si je passe un jour dans son chemin ,
( Encor, peut-être !... ) il viendra me sourire ,Et tristement me toucher dans la main !... — »
Le sang alors me brûla le visage,
Comme son bien le chagrin me saisit ;
Mais le soir même, et c’est assez l’usage,
Tout consolé, je repris mon récit.