K ES MK MUANTS.
Paris tourna vers eux sa face endolorie :
« O Solons! cria-t-il, voyez : mes murs sont pleins« De pauvres mendiants sans pain et sans patrie.
( < Nous devons un asile à ces grands orphelins,
" Et j’ai loué pour eux une prison entière;
« Mais il me faut encor la loi sur la matière. »
Ea matière était là; la loi vint promptement :
Une loi bronze et fer , bien sombre, bien horrible,Ouvrant de tous côtés une pince terrible,
Comme un crabe hideux , et serrant durement ;
Une solide loi, cœur d’acier , main hardie,Toujours prête a sauter sur la main qui mendie.
Ah! quand on l’essaya, cette loi ! quand on ditPour la première fois , a toutes nos misères ,
Aux ouvriers sans pain , aux vieillards Bélisaires,Qu’ils seraient désormais timbrés d’un sceau maudit ;Quand enfin, bien apprise et drûment stimulée,On lâcha dans Paris la loi démuselée ;
Un frisson convulsif, un tremblement nerveuxSaisit les mendiants, des orteils aux cheveux ;
Leur peau rèche bleuît sur leurs muscles ; la fièvreEtouffa les jurons sur le bord de leur lèvre ;
On entendit craquer leurs pieds durs et perclus;
Leurs yeux, leurs pauvres yeux ne virent presque plus.