LA MO DI ST K. 10"
^ Oernicr échelon de la hiérarchie des modistes se trouvent les trotteuses. —sont de pauvres petites filles, qui font, chargées d’un énorme carton, les com-hissious de la maison, et paient ainsi leur apprentissage par une sorte de domes-
U^rivée de la nouvelle venue suspend les conversations. « Vous venez bien tard,pu' la> ' a P reill )® re demoiselle ; la patronne se fâchera. — Est-ce ma faute, si je nej 111 cv eiller plus tôt, répond-elle dédaigneusement... Bonjour, Mariette ; tu n’es^ lais en retard, toi : je ne sais comment tu fais.—Oh ! pour Mariette, c’est bien dif-^ en l, reprend une autre, elle est comme l’alouette; dès que le jour paraît, ellepe Jnte e l travaille.—Aussi, j’ai déjà quelques pratiques, et ce matin j’ai fait un cha-j )i P 0lu ' la fille de ma propriétaire ; je l’ai fait tout entier, j’y gagne dix francs ! —|, au ' le Mariette ! dit Julia d’un ton de pitié insultante. — Quel air de protection !lin CC ^ arce ( l ue uiarobe, au lieu d’être de soie comme la vôtre, u’esl qu’en niousse-si| . e 'Mue a deux francs l’aune ? j’aime autant, ma chère, être pauvre comme je le^ que riche comme vous l’êtes. » Julia, sans répondre, ôte tranquillement son châled e S ° n rbapeau, qu’elle suspend â un clou sur la muraille, en compagnie des châles etIon C *' a P eaux ‘les autres demoiselles: en sorte que l’on pourrait se croire chez unI ei,1 ‘ ‘le costumes en temps de carnaval, ou chez une marchande a la toilette. Toutm onde est arrivé. C’est le moment du déjeuner que l’on trouve toujours mauvais ,llla ' s que l’on n’a guère le temps de critiquer; car ces demoiselles viennent pres-I! ( Ue ,IUss i tôt s’asseoir en deux fdes autour d’un long comptoir, sur de hauts tabourets,Première demoiselle a leur tête.
I d’sous un mot de la première demoiselle. Elle est ordinairement la moins jeune et^ ^ Plus prétentieuse; elle commande en souveraine, parle volontiers de son talent,h a Rne de 800 â 5,000 francs. Plus elle est payée, plus elle hausse son propre
•hérite,le
-Ile se croit réellement artiste ; car si elle emprunte au peintre ses modèles,| .j e ^ ein l , ' e ) à son tour, ne lui prend-il pas les siens pour embellir ses tableaux? Net ‘ l Ms rie son enthousiasme; la modiste aime son état. En effet, quel plus agréabledès' a '* < ' UC rl’ av °ï p sans cesse entre les mains, sous les yeux, le velours, la soie,s heur s et des plumes? Aussi, que de rêves ‘ is fait faire ces gracieux cha-dan X * ' a je,lne h u ' se pique les doigts et se fatigue en se hâtant, parce quec , S lIne heure votre caprice de coquetterie aura changé. Ce qui l’ennuie surtout,hile C0l, *8 cr - P arce qu’elle n’aura pas réussi a rendre jeune une vieille, jolie( lan ' a ' t '°’ on mau( l't son œuvre. « Je voulais un chapeau comme celui de ma-vi,^”., et celui-ci ne lui ressemble en rien. » Observez que madame de... ad e ° ans ’ qu elle est jolie, et que celle qui parle en a cinquante bien comptés. Que" ^|;' al ' C " ce ’* faut, que de sang-froid surtout pour ne pas répondre a celte femme :s ’ nia( lame, je ne puis changer vos traits, moi, ni rendre a votre teint ce qu’il
1 0 ( | ( |1 ' 11 l a modiste se tait : elle se rappelle à propos que celle femme achètehcllp 011 <l ôtre •ulicule impunément. Il faut que vous sachiez en revanche qu’être
.... ' el distinguée, c’est une recommandation aux veux de la modiste. On se sur-
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'lais ' ‘ 0rs ’ car cette i"!' 1 ' 'ède parera votre chapeau comme elle en sera parce.
uialheur a la femme assez mal avisée pour oser se livrer à la critique des œu-