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Tome troisieme.
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LA lïOUQlLTILIÎK.

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La troisième est l’image de la petite bourgeoisie, souvent obligée de se confor" 11 ' 1aux caprices des deux autres; elle n’a que des fleurs communes, se fatigue loujoui - *cl s’enrichit rarement.

La quatrième représente la classe ouvrière ; elle vit de privations et ne venddes bouquets de violeltes, bouquets cueillis et faits sous la triste influence de la fa'®et de la peur.

La bouquetière de première classe sort rarement pour visiter les jardins, encoi®moins les marchés ; elle a des jardiniers fleuristes qui mettent chaque jour de cotepour elle les fleurs les plus fraîches et les plus nouvelles : peu lui importe le p 1 ' 1 *’elle sait qu’elle les vendra bien, elle connaît ses pratiques : elle les a pour ainsi dir pchoisies comme elle choisit ses fleurs. Nulle ne comprend mieux qu’elle l’arra"g ement du bouquet qui s’envoie une heure avant le bal; nulle ne sait mieux devine'comment on peut tromper avec des fleurs la Vigilance d’un mari et le regard d’ UIiemère; nulle ne sait tresser comme elle la pâle guirlande de camélias blancs etfrôles bruyères. — L’habitude de se trouver souvent avec des hommes aimables eldes femmes du meilleur ton donne au sien quelque chose de doux et de poli) ( 1 111peut faire dire d’elle : « Elle n’est pas la rose, mais elle a vécu avec les roses.tête des bouquetières que je range dans la première classe, il en est une qui a 'ü arque entre foutes les autres, et dont le nom est devenu presque européen.—Madan®l’rovot fut longtemps un objet d’énvie et de chagrin pour ses rivales. Sa mort a seul®rétabli l’équilibre entre elles, en laissant vide une place qu’aucune encore n a P u <ou n’a osé conquérir. La vogue qu’elle avait acquise était telle, que son nom cta' 1devenu une autorité, Une nécessité... Les femmes s’abordaient, aux spectacles et ila" sles bals, en se demandant si leurs bouquets venaient de chez madame Provot?avait un art presque inimitable : les fleurs semblaient prendre sous ses doigts un as-pect plus gracieux que sur leurs liges, et ce qu’elle vendait de bouquets dans uneannée aurait fait la fortune d’une bouquetière de seconde classe. Les jeunes g eD! ’formaient a madame Provot une cour aussi variée que ses fleurs; le journali ste ’Par liste, le poète, l’auteur dramatique, l’agent de change et tout ce qu’on appel |eheureux du jour, qui vivent de leurs rentes, n’ayant pour occupations sérieus eSque les courses au Bois et les galantes aventures qu’ils vont chercher dans les ba' set les théâtres ; tons ces hommes si différents d’esprits, de goûts et de fortn" e •affluaient chez madame Provot. Un môme désir les y rassemblait : celui de plaire "Madame Provot témoignait une préférence réelle aux journalistes et aux artisf e! ”elle leur devait beaucoup, et les bouquets dont elle leur faisait hommage avaient J ene sais quoi de plus gracieux, de plus élégant que les bouquets qu’elle vendait-

L’Orient, voluptueux jardin de fleurs et de parfums, avait révélé à celte feniB®vraiment extraordinaire ses ruses, ses langueurs, ses poétiques inspirations. Comb' ende billets soyeux n’a-t-elle pas glissé sous les larges pétales d’un camélia, sous ulieblanche touffe de jasmin du Cap. Plus qu’aucune aulre bouquetière elle a dev"' ebien des histoires romanesques, dont les fils inaperçus venaient se renouer au bo"quel commandé le matin, envoyé le soir ; plus qu’aucune autre bouquetière ell e ‘été l’ange gardien des mystérieuses amours. Son ingénieuse adresse faisait parlerai'