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Tome troisieme.
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LA BOUQUET 1ÈRE.

plus anciens ; il paraissait sûr de réussir et présenta un énorme bouquet ! II étabeau, il faut l’avouer, les fleurs les plus rares et du prix le plus élevé s’y tr<)"'vaient réunies. On voyait qu’il avait dû coûter autant de recherches que d’arge" 1 -On se récria sur sa magniiicence ; mademoiselle de B”* devint plus tremblante, etl’impératrice jeta sur elle un regard qui disait : — « Ayez courage! » Cependant I ejeune diplomate, loin de paraître déconcerté, avait sur les lèvres une imperceptifmoquerie; il attendit que l’enthousiasme des dames fût calmé, et offrit a son tou*un bouquet qui, moins grand de moitié que celui de son rival, avait une grâce dif'ticile ^décrire. Plus les dames l’examinaient, dans le but peut-être d’y trouver ul>défaut, plus elles y découvraient de beautés : il y avait dans le choix et le parût " 1de ses fleurs, un charme inconnu jusqu’alors a la cour du czar. La surprise se mêlait al’admiration, et le bouquet du seigneur russe était oublié. — Le père de madenW 1 'selle de B***, fort inquièt de la décision de l’impératrice, se hasarda a déclarer que i agageure était nulle, parce qu’il était impossible que plusieurs de ces fleurs, totalenic ' 11étrangères a la Russie , ne fussent pas artificielles. Après un nouvel examen, les fln° rSde ce merveilleux bouquet furentproclamées aussi naturelles que fleurs puissent l’être,et l’impératrice sourit en demandant au jeune Français , a quel jardinier il s’étaitadressé. — « A madame Provot, bouquetière a Paris, » répondit-il en s’inclinant.—L e "tonnement fut au comble, et pour que l’on eût foi dans une déclaration aussi invra*'semblable, il fallut que les pièces de conviction parussent a l’appui.—Un des courrielattachés à l’ambassade fut appelé ; il confessa qu’ayant élé envoyé a Paris , voyage 3 " 1jour et nuit comme pour une affaire d’état, il était descendu chez une bouquetière no®'mée madame Provot, et que cette dame lui avait remis, le lendemain de son arrivée,une petite boîte de fer-blanc hermétiquement fermée.—La boîte fut présentée à l'imp"'ratrice, les plus doux parfums s’en exhalaient, et il demeura prouvé que le bouquet demadame Provot venait de faire un voyage jugé alors presque fabuleux pour des fleurs-— « Vous avez perdu, monsieur, dit la czarine en se tournant vers le seigneur russe,les fleurs de Paris l’emportent sur les fleurs de Sainl-Pétersbourg ! — Depuis ce temp s >déjà loin de nous, les bouquets de madame Provot ont souvent fait l’ornement d cla cour de Russie .

Les bouquetières de seconde classe sont à peu près les seules que l’on voie dans l esprovinces; mais, en général, il n’est aucune ville où les fleurs soient aimées et r e 'cherchées comme elles le sont à Paris . Cependant, depuis que des sociétés d’hortie"*lure sont établies et que des concours sont ouverts, le goût des fleurs s’est répand"et la province peut lutter quelquefois avec Paris , et même lutter avec succès. Si i aseconde classe des bouquetières est plus nombreuse que la première et se reucontt"dans presque toutes les villes, c’est qu’il ne faut à la pauvre femme qui prend cfi *

état, qu’une trentaine de francs pour s’établir. Une chaise, un parapluie qui

l’abriw

du vent ou du soleil, deux paniers d’osier, un baquet plein d’eau, quelques fleurs e ‘parfois une petite table, voilà ce qui forme le modeste bagage de sa boutique en pl el1 'air. Mais pour obtenir une place lixe, soit à l’angle d’une rue, soit sous une arcade - 1faut qu’elle ait des protections dans une sphère plus élevée que la sienne; car ciqu avec une permission de la police que la bouquetière de seconde classe peut s’ins !

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