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Tome troisieme.
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Lli L A II DK l>l COMMERCE.

faire face à ses affaires; cette captivité à laquelle le condamne un jugement du ,n 'bunal de commerce, en le forçant de faire trêve à ses occupations, lui ravira ses res-sources dernières, elle le mettra dans l’impossibilité de pourvoir a l’éducation de, sesenfants, aux besoins de sa famille; elle le réduira au désespoir-, elle le fera rnournpeut-être : mais qu’est cela en présence des graves intérêts de satisfaction que I e 'créancier-a droit d’exiger? Un débiteur compte-t-il encore parmi les membres de lafamille humaine? peut-il réclamer comme un autre sa part d’air et de soleil? et doit-on, quand il y a des créanciers dans le monde, penser à autre chose qu’à donner aces derniers les moyens de torturer et d’emprisonner ceux qui, par le seul fait d’unelettre de commerce en souffrance, ont cessé d’être hommes pour devenir prisonniers ?C’est la de la juste et digne morale ; et décidément c’est bien a nos législateurs qu’>[faut faire honneur de l’invention de la contrainte par corps, qui elle-même a anienel’invention de la respectable classe des gardes du commerce.

Le garde du commerce est à la législation commerciale ce que le gendarme est à lalégislation criminelle. Tous deux ont pour fonctions d’assurer l’exécution d’une cer-taine pénalité. La seule différence qui existe entre ces deux officiers publics, c’est quel’un exerce sur le simple mandat du procureur du roi, ou même de sou propre mou-vement, tandis qu’au garde du commerce il faut un arrêt en bonne forme, un jugementde prise dq corps bien et dûment prononcé et signifié, au bas duquel on lise la phrasesacramentelle : Mandons et ordonnons à tous ofticiers de la force publique de veille 1 ' ason exécution, d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis. Toutesles minutieuses formalités qui précèdent le prononcé de l’arrêt ne le regardent enrien; il n’a pas a s’inquiéter des protêts, des oppositions, des significations : tous cesmille petits réseaux dont la procédure commerciale entoure le pauvre débiteur afi"de doubler et tripler la dette qu’il ne peut déjà parvenir à payer simple, tout celan’est pas son affaire; mais lorsque le procès est arrivé a sa lin. lorsque le juge-ment de prise de corps est rendu et pour le commerçant qui a signé un billet >■ordre, pour le jeune homme qui a oublié de payer une lettre de change, la dél'-bération est aussi brève que les formalités préliminaires ont été longues, le tribunalde commerce a terminé avec le débiteur qui n’est plus réputé digne de l’occup erplus longtemps, et au moyen de son terrible : Mandons et ordonnons, elle le livré augarde du commerce, exécuteur des hautes œuvres de sa justice, qui se charge dudénoûment de l’affaire.

Les divers dossiers d’arrestation, à mesure que l’huissier les remet au garde ducommerce, sont classés par ce dernier en deux catégories bien distinctes : ce sont?comme il les appelle, les bons enfants et les récalcitrants. La première catégorie;comme on le voit, comprend les arrestations faciles a opérer, celles pour lesqu elleSil n’est pas besoin de frais d’esprit et de ruse, celles pour lesquelles il n’y a p aS 8récolter d’injures, de coups de cannes ou autres petits désagréments qui s’attacheu*à sa profession. Presque tous les commerçants^ les jeunes gens qui courent lé 111seconde année de majorité, et généralement tous ceux qui en sont à leur premièrélettre de change, entrent de droit dans cette première classification. Pour s’assure'de tous ces menus détails d’âge, d’intérieur, de position et de caractère, le garde du

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