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Tome troisieme.
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LE «AUDE DU COMMERCE.

Ces paroles sont prononcées avec une telle douceur, avec un tel air de bonbonne,d’intérêt et presque d’afiliction, car, nous l’avons dit, le garde du commerce est detous les comédiens de notre époque, si riche en comédiens de tous genres, celui quisaille mieux composer son visage, qu’on croirait que sa visite a eu pour objet devous annoncer un de ces malheurs très-remédiables, comme, par exemple, la moi 1d’un vieil oncle qui laisse une succession d’un million. Que devient le pauvre débiteuia l’audition de cés terribles paroles ? il tempête, il éclate; il maudit son créancier, hs’exhale en injures contre le tribunal de commerce, contre les recors, contre la natureentière, il tonne contre la violation du domicile et déclare qu’il refuse de marche* •C’est la l’espèce furieuse des débiteurs faciles ; le garde du commerce, qui a toutprévu, tient en réserve une foule de réflexions, plus ou moins philosophiques, p° ultâcher de vaincre sa résolution. 11 lui fait espérer que ce n’est la qu'une petite me-sure de satisfaction donnée a son créancier qui ne tardera pas à se laisser fléchir, ° ubien il l’engage a faire quelques démarches auprès de ses amis, auprès de ceux <l uls’intéressent a lui, pour obtenir la somme’qui lui est demandée ; il lui offre de fn* retous ses efforts pour arriver a concilier cette malheureuse affaire. Rarement le calmeet le sang-froid du garde du commerce ne viennent pas a bout de la colère de sonprisonnier; battez-le, il supportera tout, il vous dira -.Frappe, mais écoule; car ilsait son histoire grecque ; il s’écriera comme l’huissier â l’intimé : Frappez, j’ai f l u(l 'tre enfants à nourrir. 11 faut que le garde du commerce ait été bien maltraité, P oU1recourir a cette force publique, que la phrase sacramentelle de M. le président <fi* trl "bunal,séant a la Bourse , met a la disposition d'un de ses ofliciers, et dont il adroit, en cas d’urgence, de requérir l’intervention.

Le caractère, le ton, les manières du garde du commerce se mettront au contrair een complète harmonie avec celui qu’il a mission de transporter à l'hôtel de ClichY-11 se pliera à toutes ses volontés, a toutes ses exigences, comme s’il voulait se f aliepardonner le rôle dont il est chargé; il tâchera de lui abréger la longueur de h*route en lui parlantlittérature, science, arts, industrie, car il peut tenir une conve*'sation raisonnable sur tous ces divers sujets ; il satisfera tous ses caprices, hormis un sepourtant qu’il sera impossible d’obtenir de son désir de vous obliger, celui de sus-pendre l'arrestation de vingt-quatre heures. Sur ce point le garde du commerce)quelle que soit la confiance que vous lui ayez inspirée, sera inflexible, et il vous repondra d’un ton contrit : Du moment que nous nous sommes vus, nous ne pou'ous

plus nous séparer.

Quelquefois le garde du commerce, laissant de côté le ton dolent et plaintif, sepr sente a sa victime l’air gai et joyeux, le sourire sur les lèvres, la plaisanterie a l aouc ie. ernièrcmenl un garde du commerce, en train d’arrêter un jeune homme q u *ne faisait pas mine de vouloir se rendre de très-bon cœur et refusait presque sou invi-tation, se mit à lui dite en accompagnant son bon mot de son plus agréable sourire ■« Eh! monsieur, de quoi pourriez-vous vous plaindre, n’avez-vous pas reçu !(,|IS

les sacrements?

— C’est juste ! s’écria celui-ci, dont la tristesse ne put tenir a cette saillie inatten-

due partons donc. »