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LE (• A 111)K 1)1) COMMERCE.
d’une année de geôliers qui vous mesure des yeux el prend voire signalement. Votregarde du commerce n'a plus qu’un dernier service a vous rendre, celui de dresserprocès-verbal de votre arrestation,'d’écrire votre nom sur le grand livre des prison-niers pour dettes, el enlin de vous délivrer voire certilicat d’écrou; cette formalitéremplie, il vous fait ses adieux, vous êtes enterré.
Mais ce sont la les arrestations faciles, les arrestations pour lesquelles le gardé ducommerce dédaigne de mettre au jour les grands moyens d’adresse et de ruse que leciel lui a départis lorsqu’il lui a dit : isic eris, tu seras garde du commerce. Notreofficier civil affecte un souverain dédain pour ces sortes d’affaires qu’il traite, commeon dit, du haut de sa grandeur. Mais vienne une affaire importante etdiflicile, viennele dossier d’un débiteur récalcitrant, dont on renomme l’habileté à mettre en défauttoutes les poursuites, a échapper a toutes les recherches, véritable protée insaisissa-ble qu’on rencontre partout le dimanche et les jours fériés, el qu’on ne voit les autresjours nulle part qu’aux Tuileries , parce que les Tuileries sont lieu de refuge, hommeintrouvable, sans demeure fixe parce qu’il les a toutes, voila bien ce qu’il fautau garde du commerce. Plus la difficulté est grande, plus il y a de péril a courir, pb> sl’émulation du garde du commerce est excitée. Son honneur est enjeu, car lui aussitravaille pour cequelque chose d’indéfinissable qu’il appelle honneur; tel de ses con-frères a mis trois mois pour opérer une arrestation du même genre que celle qui Iniest confiée, il quelle gloire, a quelle considération n’aura-t-il pas droit, s’il parvienta le faire en moitié moins de temps? Cette affaire fera du bruit, elle sera répétéepar tous les journaux, sa réputation d’habileté sera établie, sa supériorité sur sesrivaux proclamée, et le souvenir de son action d’éclat vivra dans les annales et ar-chives de la confrérie. Avec de pareilles idées, peut-il y avoir rien d’impossible augarde du commerce. Il y a quelques années, l’un d’eux, qui avait laissé échappe''une importante arrestation sur laquelle il comptait, et dont il s était vanté commed’une affaire conclue, ne voulut pas survivre à ce qu’il appelait son déshonneur et sebrûla la cervelle.
Le garde du commerce chargé d’une grave et difficile exécution ne s’appartientplus. Il est tout entier a l’affaire qui réclame ses soins. Le jour il médite son plu * 1d’attaque, la nuit il n’en dort pas, ou s’il vient à succombera une longue insomnie,il en rêve encore, et plus d’une fois il a dû à un songe un bon conseil pour l’aiderdans ses projets.
Les moyens que le garde du commerce met en jeu pour arriver a un débiteurrécalcitrant sont inépuisables; outre un grand fonds de ruse et d’invention, ils ac-cusent encore une grande connaissance du caractère de l’individu qu’il doit arrêter-
S’agit-il d’un jeune homme coureur d’aventures, amoureux de plaisirs et de danse,le garde du commerce attend patiemment la saison des bals, et un soir que le débiteurse sera laissé aller a suivre la foule bigarrée et frémissante des masques entassés dans lusalle de Musard, une jeune eamargo a la taille gracieuse et élancée, aux gestes em-pressés, viendra le luthier, s’attacher à ses pas, se lancer a sa suite dans le galupinfernal. Enchanté de sa conquête, le jeune homme offre un déjeuner qui est ac-cepté après quelques instants. A sept heures du matin, l’amoureux en est encore à