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Tome troisieme.
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LA FEMME ADULTÈRE. 207

a lieu de s’en garder, si peu qu’elle ait de réflexion : mais beaucoup de femmesmanquent de réflexion.

Donnons un trait de plus â ce sombre tableau.

L’adultère engendre l’adultère. La femme une fois lancée dans cette route tor-tueuse ne peut plus s’arrêter. On croit n’être qu’une femme sensible, en cédant àu ne première affection : cette affection brisée, et toujours elle se brise , on a besoinde la remplacer. Le vide du cœur ne se supporterait plus. D’ailleurs on cherche a8 étourdir sur une déception. L’amour-propre engage à oublier un amant inlidèle,et surtout a lui prouver qu’on ne le regrette pas, et qu’un consolateur n’a pas man-qué; on devient femme galante. Quand le remords n’entrave plus les pas, et le re-mords comme une herbe gênante est bien vite arraché du chemin de l’adultère, laPente est facile a descendre, les intrigues se multiplient, sc découvrent; il faut quitters a famille, son pays, aller cacher sa honte dans quelque grande ville oit l’on finit, fauted’appui naturel, par s’abaisser au rang de femme entretenue, a moins que le suicideîle t’emporte sur la prostitution. Nous posons en principe qu’il est pour une femmePlus difficile de n’avoir eu qu’un amant, que de n’en pas avoir eu du tout. Lors-qu’il s’échappe un grain du collier de sa vertu, les autres ne sont pas longs à dé-filer. Dans quels bras tombe-t-elle encore ! Le goût se perd en môme temps que laPudeur. Où donc est la femme adultère qui n’a pas ses moments de vertige , et quicomme la Titania de Shakspere, n’entoure de ses bras caressants une tête d’ânea ux oreilles velues..

Cependant le moraliste le plus sévère ne pourrait se dispenser de faire valoir lescirconstances atténuantes servant parfois d’excuse a la femme soumise, il faut le dire,a de trop rudes épreuves pour sa faiblesse, et laissée au dépourvu. Ce serait injustede ue pas présenter la défense de la parlie adverse; ce serait d’autant plus mal acelui qui écrit ces ligues que sa plume ne s’est pas toujours montrée si rigoureusee n un pareil sujet. Dans un état social comme le nôtre, où les mariages consul-tent rarement les inclinations, oit la fortune plus que l’amour procède a l’actele Plus important de la vie, il arrive inévitablement que le défaut de sympathie se re-marque un jour. On essaie de se résigner chrétiennement a son sort; mais les re-proches, les querelles, les ennuis naissent de toutes parts. Alors paraît intolérable unUltérieur où gronde un orage perpétuel. De la nécessité de supporter quelqu’un quidéplaît, a l’espérance de trouver le repos sous l’abri d’une liaison étrangère tou-jours a proximité, il n’y a pas un grand écart pour la pensée ; et la vertu attaquée,minée en secret plus encore par la rudesse de l’époux que par les prévenances de l’a-mant, succombe après de longs combats. La faute en est souvent a l’inconséquence desParents qui vendent en quelque sorte leur fille au premier venu , lorsque ce premierv enu s’appelle un parti. La faute en est encore a l’imbécillité des maris.

Le mariage étant une des choses les plus importantes de la vie, il serait bond’y regarder de près, et, par une bizarrerie incroyable, la plupart des hommes don-,le nt plus de soins aux bagatelles les plus fugitives qu’a cette indissoluble conven-t,0 n dans laquelle pourtant ils mettent leur honneur. Quelques personnes timorées° m pensé que les railleries jetées par la comédie il la tête des maris trompés